La pureté de l’or se définit par la proportion de métal jaune contenue dans un alliage, mesurée sur une échelle de 24 parties nommées carats. Un carat équivaut à 1/24ème de la masse totale, soit environ 4,16 %. Par conséquent, un objet en or de 24 carats atteint une teneur théorique de 100 % d’or, tandis qu’un bijou de 18 carats contient 75 % d’or pur et 25 % d’autres métaux. Cette unité de mesure détermine directement la valeur marchande, la résistance physique et la couleur de l’objet fabriqué. Le titre au millième reste l’autre indicateur officiel utilisé par les professionnels pour quantifier cette teneur avec précision.
Comprendre la mesure du carat pour l’or

Le terme carat possède une double signification qui prête souvent à confusion. Il faut absolument différencier le carat utilisé par les orfèvres de celui employé par les gemmologues. Pour les pierres, le carat constitue une unité de masse où un carat égale 0,2 gramme. Pour l’or, il s’agit d’une unité de pureté indiquant la proportion de métal jaune dans un alliage. Cette homonymie impose une vigilance particulière lors de l’analyse d’un bijou serti, car les deux mesures coexistent sur le même objet sans désigner la même réalité physique.
L’origine étymologique remonte à l’Antiquité et au Moyen-Âge. Le mot provient de la graine de caroubier, utilisée jadis comme étalon de masse en raison de sa constance remarquable autour de 0,2 gramme. Cette graine servait à peser les gemmes et le métal en Inde orientale et sur le pourtour méditerranéen. L’échelle de 24 graduations trouve sa source dans le “marc de Cologne”, une ancienne unité de poids divisée en 24 parties pour l’or. L’or fin, exempt de tout mélange, correspondait à la totalité de ces parts, fixant ainsi le standard de pureté maximale à 24 carats.
Le calcul de conversion reste une opération mathématique simple. Puisque le total représente 24 parts, il suffit de diviser le nombre de carats affiché par 24 pour obtenir le pourcentage de métal pur. Un alliage marqué 18 carats contient donc 18 parts d’or pour 6 parts d’un autre matériau. Cette proportion influe sur les propriétés mécaniques de l’objet, notamment sa dureté et sa résistance à l’oxydation. Comprendre ce mécanisme permet d’évaluer la qualité réelle d’un ouvrage de bijouterie au-delà de son simple aspect esthétique.
Tableau de conversion des carats en pourcentage
Pour visualiser rapidement la teneur en or d’un objet, les professionnels utilisent des tableaux de correspondance. Ces données relient le nombre de carats au titre au millième, norme officielle en France, ainsi qu’au pourcentage massique. Le tableau ci-dessous présente les standards les plus courants ainsi que certaines mesures plus rares ou théoriques.
| Carat Or | Titrage au millième | Pourcentage d’Or | Usage fréquent |
| 24 Carats | 999/1000ème | 99,9 % | Lingots, investissement |
| 22 Carats | 916,6/1000ème | 91,66 % | Pièces étrangères, bijoux orientaux |
| 21,6 Carats | 900/1000ème | 90 % | Pièces de monnaie (Type Marianne Coq) |
| 18 Carats | 750/1000ème | 75 % | Joaillerie française traditionnelle |
| 14 Carats | 585/1000ème | 58,55 % | Bijoux export, États-Unis |
| 9 Carats | 375/1000ème | 37,5 % | Bijouterie fantaisie, grande distribution |
Ce référentiel montre clairement la chute du pourcentage d’or lorsque le nombre de carats diminue. Il permet de situer la qualité intrinsèque du métal. Les poinçons apposés sur les objets garantissent ces teneurs : la tête d’aigle pour le 18 carats, la coquille Saint-Jacques pour le 14 carats et le trèfle pour le 9 carats.
L’or 24 carats et la limite de la pureté
L’or 24 carats représente le sommet de l’échelle de pureté. Avec un titrage supérieur ou égal à 999 millièmes, il se compose quasi exclusivement d’or. Techniquement, obtenir une pureté absolue de 100 % reste impossible à cause des traces infimes d’impuretés persistantes après l’affinage. Le standard bancaire accepte généralement une pureté de 99,5 % pour qualifier l’or fin. Seuls des procédés industriels de pointe, comme ceux de la Monnaie Royale Canadienne, parviennent à atteindre des titres exceptionnels de 99,999 %, surnommés “5-9”.
Cette très haute teneur en or confère au métal une couleur jaune intense et profonde, très différente des alliages plus faibles. Cependant, cette pureté engendre une contrainte physique majeure : la malléabilité. L’or pur reste un matériau extrêmement mou. Il se raye, se tord et se déforme à la moindre pression. Cette caractéristique explique l’absence quasi totale de bijoux en or 24 carats dans les vitrines occidentales. Une bague de cette pureté perdrait sa forme circulaire en quelques jours si elle était portée quotidiennement.
L’usage de l’or 24 carats se concentre donc sur les produits d’investissement. On le retrouve sous forme de lingot d’or ou de lingotin. Ces supports n’ont pas vocation à être manipulés souvent et leur forme simple tolère la tendreté du métal. Le poinçon associé à ce titre en France représente un hippocampe. En Asie, certains bijoux sont façonnés dans ce métal pour des raisons culturelles et patrimoniales, mais ils nécessitent une manipulation précautionneuse et des volumes massifs pour compenser la fragilité structurelle.
Les spécificités de l’or 18 carats ou 750 millièmes

L’or 18 carats domine le marché de la joaillerie de luxe en France. Titré à 750 millièmes, cet alliage contient 75 % d’or pur et 25 % d’autres métaux comme le cuivre ou l’argent. Ce ratio constitue le compromis idéal entre la valeur précieuse et la durabilité mécanique. L’ajout du quart de métaux complémentaires durcit la matière, rendant les bijoux résistants aux chocs, aux rayures et à l’usure quotidienne.
On qualifie souvent l’or 18 carats d’or massif dans le langage courant, bien que ce terme soit techniquement abusif puisqu’il ne s’agit pas d’or pur. Il demeure la norme pour les grandes maisons de la Place Vendôme et les artisans joailliers. Un bijou fabriqué avec ce titrage conserve son éclat et sa couleur inaltérable au fil des décennies. Il ne s’oxyde pas et ne nécessite qu’un polissage occasionnel pour retrouver sa brillance originelle. Sa densité et son poids en main confirment immédiatement sa qualité supérieure par rapport aux titrages inférieurs.
Le poinçon tête d’aigle garantit cette teneur sur le territoire français. Pour les objets de moins de 3 grammes, la marque peut parfois être dispensée, mais le titre reste légalement obligatoire. L’or 18 carats se prête également à toutes les fantaisies chromatiques. En modifiant la nature des 25 % d’alliage, l’orfèvre obtient de l’or blanc, rose ou rouge sans jamais altérer la proportion fixe de 75 % de métal jaune. Cette versatilité en fait le support privilégié pour le sertissage des pierres précieuses qui demandent des griffes solides.
Les alliages faibles en or : 14 et 9 carats
La flambée des cours du métal jaune a favorisé l’émergence d’alliages à plus faible teneur en or. L’or 14 carats, titré à 585 millièmes, contient 58,5 % d’or fin. Très populaire aux États-Unis et dans certains pays européens comme la Grèce, il commence à se répandre en France pour contenir les prix de vente. Il offre une résistance mécanique élevée grâce à la part importante de métaux durs (41,5 %), mais sa valeur intrinsèque reste bien inférieure à celle du 18 carats.
L’or 9 carats, ou 375 millièmes, marque une rupture plus nette. Avec seulement 37,5 % d’or, il contient majoritairement d’autres matériaux (62,5 %). Cet alliage permet aux chaines de bijouterie et à la grande distribution de proposer des articles dorés à des tarifs accessibles. Le coût de fabrication chute drastiquement, permettant de préserver les marges commerciales malgré un prix de matière première élevé. Toutefois, l’appellation “or” peut induire le consommateur en erreur quant à la quantité réelle de matière noble acquise.
Les inconvénients de l’or 9 carats se révèlent à l’usage. La faible proportion d’or le rend sensible à l’oxydation et au ternissement. Contrairement au 18 carats inaltérable, un bijou 9 carats peut changer de couleur au contact de la peau, de la transpiration ou des produits cosmétiques. De plus, lors de la revente, le prix de rachat s’effondre. Les professionnels récupèrent ces objets pour un montant très faible, car la quantité d’or fin à extraire lors du recyclage est minime. C’est un paramètre économique à considérer avant l’achat.
L’usage particulier de l’or 22 carats et 21,6 carats
L’or 22 carats, titré à 916 millièmes, occupe une place singulière. Composé de 91,6 % d’or et de 8,4 % d’alliage, il se rapproche de l’or pur tout en offrant une très légère tenue mécanique. Cet alliage jaune solaire reste la référence absolue en Inde et dans les pays du Golfe pour la confection de bijoux nuptiaux et patrimoniaux. Sa malléabilité interdit toutefois les montures fines ou les sertis complexes, privilégiant les pièces massives et les gravures.
Une variante proche, l’or 21,6 carats (ou 900 millièmes), a marqué l’histoire monétaire. C’est le titrage standard de nombreuses pièces de monnaie historiques qui ont circulé en Europe. La fameuse pièce française 20 Francs Marianne Coq, frappée après 1899, utilise cet alliage robuste. Les 10 % de cuivre ajoutés à l’or confèrent aux pièces la dureté nécessaire pour supporter les échanges commerciaux de l’époque sans s’user prématurément.
Ces titrages élevés (900 et 916 millièmes) sont aujourd’hui très recherchés pour l’investissement. Ils combinent la sécurité d’une forte teneur en or avec la facilité de stockage et de fractionnement des pièces. Les épargnants les privilégient souvent aux bijoux 22 carats, car la prime (différence entre le prix de l’or et le prix de la pièce) est plus lisible et le marché plus liquide.
Influence des métaux d’alliage sur la couleur
L’or pur affiche invariablement une couleur jaune solaire. Pour obtenir des teintes variées comme le rose, le gris ou le rouge, le bijoutier joue sur la composition des métaux d’alliage mélangés à l’or. Ces mélanges modifient l’apparence visuelle sans changer le titre légal, pourvu que la proportion d’or fin reste conforme au carat annoncé. C’est la chimie des métaux secondaires qui dicte la palette chromatique finale du bijou.
L’or rose, très tendance, s’obtient en augmentant la part de cuivre dans l’alliage. Pour du 18 carats, on conserve 75 % d’or et on dose les 25 % restants avec une majorité de cuivre et un peu d’argent. Plus la teneur en cuivre grimpe, plus le rose vire au rouge. L’argent, quant à lui, tend à verdir l’or s’il est utilisé en excès. Le dosage doit donc être millimétré pour obtenir la nuance exacte souhaitée par le créateur.
L’or blanc ou gris nécessite des composants blanchissants puissants pour masquer le jaune naturel de l’or. Autadis, on utilisait le nickel, désormais interdit pour cause d’allergies. Aujourd’hui, on privilégie l’argent, le palladium ou parfois le manganèse. Souvent, l’or gris reçoit un traitement de surface final : un bain de rhodium (rhodiage) qui lui donne un éclat blanc très vif. Avec le temps, cette couche s’estompe et le bijou peut jaunir légèrement, nécessitant un nouvel entretien.
Calculer la valeur selon la teneur en or
La valeur financière d’un objet en or dépend directement de la quantité de métal fin qu’il renferme. Le poids total sur la balance ne suffit pas à déterminer le prix ; il faut impérativement pondérer ce poids par le titrage. Un gramme d’or 9 carats vaut mathématiquement deux fois moins cher qu’un gramme d’or 18 carats, puisque la quantité d’or pur est divisée par deux (37,5 % contre 75 %).
Pour estimer la valeur de rachat, la formule de base multiplie le poids de l’objet par le titre (en pourcentage ou millième) puis par le cours de l’or actuel. Par exemple, pour un bracelet de 10 grammes en 18 carats : 10 x 0,75 x Cours du gramme d’or pur. Ce calcul donne la valeur “métal”, c’est-à-dire le prix de la matière première seule destinée à la fonte.
Il ne faut pas confondre cette valeur métal avec la valeur de remplacement ou la valeur artistique. La signature d’un grand joaillier, la présence de pierres précieuses, l’ancienneté ou la rareté numismatique d’une pièce ajoutent une plus-value significative. Cependant, pour la majorité des vieux bijoux cassés ou démodés vendus au poids (“à la casse”), c’est strictement la règle du pourcentage de pureté qui s’applique.
Identifier le nombre de carats avec les poinçons et tests
La méthode la plus immédiate pour connaître la pureté d’un bijou consiste à observer les poinçons de garantie. Obligatoires en France, ils certifient le titre de l’ouvrage. Une tête d’aigle indique du 18 carats, tandis qu’un trèfle signale du 9 carats. L’hippocampe, plus rare, authentifie le 24 carats. Ces marquages minuscules se situent généralement à l’intérieur des anneaux ou sur les fermoirs des colliers. L’absence de poinçon ne signifie pas forcément que l’objet est faux, mais impose une vérification technique.
En l’absence de marque visible, le test à l’acide (ou pierre de touche) reste la référence chez les négociants. Le professionnel frotte le bijou sur une pierre abrasive pour déposer une infime trace de métal. Il applique ensuite des acides de titrages différents (18k, 14k, 9k). Si la trace résiste à l’acide 18k, l’or est de ce titre. Si elle disparaît, le titre est inférieur. Cette méthode ancienne a fait ses preuves pour sa fiabilité et sa rapidité d’exécution.
Pour une analyse non destructive et plus précise, le spectromètre à fluorescence X est l’outil moderne par excellence. Cet appareil analyse la composition atomique de l’alliage en quelques secondes et affiche les pourcentages exacts de chaque métal (Or, Argent, Cuivre, Zinc). Il permet de détecter les plaqués or de bonne qualité qui pourraient tromper un œil non averti et confirme le caratage sans abîmer la pièce.
















