Les dangers du militaria et des grenades en détection de métaux

In Astuces de détection
obus de la première guerre mondiale

Chaque année, des accidents surviennent lorsque des collectionneurs de militaria, promeneurs ou prospecteurs, découvrent et tentent de déplacer ou nettoyer, voire de démonter, des engins de guerre tels que grenades, obus… qu’ils viennent de trouver ! Les prospecteurs à pied armé d’un détecteur retrouvent régulièrement et souvent par hasard des vestiges de ces périodes de guerres.

Ainsi dernièrement, trois explosions ont eu lieu dans le nord de la France, dont une mortelle. C’est un collectionneur qui, ayant découvert un obus sur le bord d’un champ, l’a ramené chez lui. L’engin a explosé entre ses mains. Il fut emmené en urgence à l’hôpital. Il décédera trois jours plus tard. D’après un rapport du Sénat, il y aurait 11 morts ou blessés en France chaque année… !

Évitons les accidents lors des recherches de militaria

Nous vous conseillons vivement de respecter les conseils mentionnés à la fin de cet article. Mais auparavant, il nous faut faire un peu d’histoire. On peut considérer que le territoire français a été miné en trois périodes : – Celle de la campagne de 1940, qui a touché, avant tout, l’Est du pays, à savoir l’Alsace, les Vosges et les Ardennes. – Celle de 1942 à 1944, qui a recouvert les plages de Normandie et de la Méditerranée. – Celle des combats de 1944-1945, dont le minage fut nettement plus dispersé.

grenade F1 trouvé dans un puis

Lorsque les mines et les engins non explosés n’ont pas tué les fantassins immédiatement, ils mutilent d’autres victimes en leur causant un traumatisme et des souffrances à vie, entraînant parfois des séquelles sociales importantes. De nombreuses mines restent ainsi actives des dizaines d’années après la fin des conflits. De ce fait, la majorité de leurs victimes sont donc des civils. La technologie s’améliorant avec le temps, les Américains découvrirent en Lorraine les premières mines non métalliques fabriquées par les Allemands en 1944. Elles se constituaient de bois et de Bakélite, ou de carton et de verre. Près de 120 000 de ces mines furent trouvées dans un seul champ.

Fut miné durant cette guerre, ce qui représente l’équivalent en superficie des villes de Paris, Lyon, Marseille, et Bordeaux réunies. Toutes les zones côtières et frontalières furent touchées. Cinquante deux départements au total demandèrent un nettoyage plus ou moins important. Le département des Bouches-du-Rhône a été le plus atteint avec près de 51.300 hectares de surface minée ou dangereuse. Dans le palmarès des records, on trouve les Vosges avec 42.100 hectares, l’Hérault avec 17.500 hectares et les Hautes Alpes avec 9.680 hectares, alors que les départements de la Sarthe ou de la Mayenne semblaient, aux dires des statistiques, n’avoir que deux hectares minés.

Après la guerre, les Américains admettront que les mines furent responsables de 2,5 % de leurs pertes humaines au combat et de la destruction de 20,7 % de leurs chars. Le rapport entre le nombre de mines enlevées et celui des accidents mortels est de 1 Français tué pour une moyenne, au premier semestre 1946, de 28 450 mines enlevées.

mine antichar militaria

Le mois de juillet 1945 fut le plus mortel avec 1 tué pour 24 000 mines enlevées, alors qu’en février on constata heureusement un taux de mortalité inférieur, soit 1 tué pour 51 000 mines. Il en fut de même au mois d’avril où seulement un accident mortel fut relevé pour 64 000 mines retirées du sol. Pour 10 000 mines enlevées : il y a eu en moyenne 7 accidents faisant 2 morts et 5 blessés parmi les démineurs français et les prisonniers allemands.

Les objets militaria sont répartis dans 1% du territoire Français

On estima que 1 % du territoire français avait été miné, soit 500 000 hectares. La France fut considérée comme un pays dévasté et ruiné, avec plus de 32,5 millions de bombes et obus non explosés. Durant les opérations de déminage entre 1945 et 1947, on comptera 2 000 morts chez les prisonniers allemands, 592 tués parmi les 3 200 démineurs français et plus de 800 blessés graves. De 1945 à 1950, 75 % des accidents enregistrés furent dus à des déminages d’engins ou munitions non explosés.

douille d'obus trouvé dans un champ

Ce n’est qu’en 1952 que le ministre de la reconstruction E. Claudius-Petit satisfait un vœu, maintes fois exprimé, en inaugurant solennellement un monument dédié aux morts du déminage. Situé symboliquement au sommet du Ballon d’Alsace, il porte l’inscription des noms des 594 victimes dénombrées officiellement. De 1945 à 1985, les démineurs français auront neutralisé quelques 650 000 bombes d’aviation, plus de 13,5 millions de mines et près de 23 millions d’obus.

Le bilan des vestiges de la Guerre

La surface française minée était égale à 12 fois celle de Rio de Janeiro. Une équipe de 4 hommes ne pouvant nettoyer plus de 500 mètres carrés par jour, les démineurs avaient déjà enlevé 12 millions de mines, soit 5 fois le poids de la Tour Eiffel, au 1er mars 1947. Au moins 30 millions d’objets divers ont donc été manipulés en 3 ans de déminage par 40 000 mille hommes, français et allemands confondus. Chaque démineur aurait traité 750 engins à lui seul et si tous les prisonniers avaient été réellement des ” démineurs “, il y en aurait eu bien plus encore ! En 1972, 27 années après la fin du dernier conflit, soit 54 ans après l’armistice du 11 novembre, le Service de déminage enlevait en moyenne 300 000 engins du sol français, chaque année.

Fin 1972, les démineurs français étaient au nombre de 42, leur âge moyen étant plus proche de 60 ans que de 50, mais la relève a déjà commencé. Des jeunes ont montré qu’ils voulaient suivre l’exemple des anciens, et qu’ils désiraient acquérir leurs qualifications.

L’expérience du travail pénible et dangereux de recherches, de neutralisation, et de destruction des munitions et des engins explosifs, s’acquiert sur le terrain, mais elle exige également de solides connaissances. Le pourcentage des munitions non explosées était de 50% lors de la guerre de 1870, de 30% lors de la Première Guerre Mondiale et seulement de 10% au cours de la Seconde Guerre Mondiale. La Première Guerre Mondiale coûta la vie à près de 9 millions de personnes, la deuxième à 40 millions.

Mais il est absolument certain que la mine tua une multitude de combattants des armées alliées lors du dernier conflit mondial. Dans un document officiel du 1er mars 1945, on pouvait lire : ” 75% des soldats alliés tués l’ont été par mine ou piège… “. Ainsi, sur 100 tués, 25 soldats le furent par balles et munitions non explosées, telles que grenade, obus, bombe, etc … , et 75 par l’explosion de mines. Après la Seconde Guerre Mondiale, près de 13 millions de mines restaient enterrées sur le territoire français, prêtes à tuer… 617 démineurs volontaires sont morts en service commandé, dont 12 sont décédés entre le 19 juin 1985 et le 18 juillet 1990.

grenade de la première guerre mondiale en militaria

Nos conseils sur la détection du militaria

– Ne pas essayer de dévisser la tête d’un obus, appelée aussi fusée ! – Ne pas tenter de scier ou percer un obus ou une munition ! – Ne pas décaper à la meule une munition rouillée ! – Ne pas plonger un obus ou une munition dans de l’acide pour le nettoyer ! – Ne pas toucher à main nue un obus, une grenade, une roquette ou plus généralement toute munition de guerre ! Car elles peuvent vous contaminer ! Souvenez-vous que 30% des obus de 14-18, et 10% de ceux de 39-45 n’ont pas explosé, alors que 30% d’entre eux contenaient des gaz de combat, mortels en cas d’inhalation ou par simple contact.

Si vous découvrez des engins de guerre, appelez immédiatement la mairie ou la gendarmerie la plus proche, ou bien la protection civile, voire l’antenne de déminage dans chaque préfecture. N’en parlez pas autour de vous afin d’éviter les réactions de curiosité ou de panique. Procédez à un balisage discret de l’endroit, car trop souvent des accidents se produisent, blessant principalement des enfants.

Comment reconnaitre une grenade ?

Les découvertes de grenades sont encore très fréquentes. Bien souvent, ces engins restent actifs et leur mise à jour nécessite l’intervention d’un démineur pour les neutraliser.

Les grenades à fusil

La grenade Tromblon Mauser

la grenade tromblonmauser en militaria

Grenade allemande créée en 1917, son diamètre est de 6 centimètres et la percussion de l’amorce se fait dans le tunnel à balle. Sa portée est de 180 mètres et son poids de 440 grammes. Elle se lance avec une cartouche à balle afin d’éviter les accidents et de perdre du temps. Son retard après la mise à feu de l’amorce est de 5 secondes. Elle se fixe au bout d’un tromblon, en l’occurrence le Mauser Gewehr qui est un fusil dont l’extrémité du canon s’évase en forme d’entonnoir afin de recevoir le corps de la grenade.

La grenade VB (Vivien Bessières)

la grenade Vivien bessieres en militaria

Elle est tirée grâce au tromblon VB en acier trempé, de calibre 50 mm. La partie arrière du tromblon est constituée par une douille fendue qui glisse à frottement doux sur le canon du fusil en emboîtant le guidon. Au départ du coup, les gaz produits par la poudre de la cartouche agissent sur le culot de la grenade et la projettent en avant, tandis que la balle traverse le tube central, frappe la palette, ce qui détermine la percussion de l’amorce. Celleci allume la composition fusante qui brûle pendant 8 secondes et provoque l’explosion de la grenade par l’intermédiaire du détonateur. Elle peut être tirée avec le mousqueton moyennant l’emploi d’un manchon spécial qui n’est pas distribué à l’infanterie. Dans la pratique, on utilisera le Lebel plus robuste que le mousqueton et, suivant les disponibilités, le fusil MAS 36 (Manufacture d’Armes de Saint-Etienne, modèle 1936). La grenade a une portée variant entre 80 et 170 mètres et possède les effets d’une grenade défensive du fait des rainures intérieures qui facilitent la fragmentation lors de l’explosion. La grenade pèse 490 grammes. Elle a été utilisée durant la seconde guerre mondiale.

La grenade à baguette

C’est une grenade allemande qui explose au ras du sol. Son poids est de 900 grammes et son extrémité est fermée par un bouchon creux en cuivre. La grenade à baguette ne sera pas souvent utilisée vu sa trop grande dangerosité ayant entraîné beaucoup d’accidents lors des manipulations.

Les grenades à main

La grenade Bertrand modèle 1915

Voici la désignation d’un modèle précoce de grenade à main française (du nom de son inventeur). Il s’agit d’une grenade à gaz, qui se présente sous la forme d’une boule en verre remplie de chlore, maintenue par du fil de fer au centre d’un corps en fonte de 6 centimètres de diamètre. Le fait de lancer la grenade contre un corps dur est suffisant pour briser l’ampoule. C’est une grenade peu performante.

La grenade Bertrand modèle 1916

la grenade bertrand en militaria

Sa configuration est identique à la précédente, mais son poids est multiplié par 2.

Les pétards raquettes

Fin 1914 – début 1915, la guerre s’enlise et les adversaires s’enterrent. Des petites actions de harcèlement et de reconnaissance voient le jour. Mais le Lebel est bien embarrassant lorsque le fantassin rampe sous les barbelés ou court vers la tranchée ennemie. Or, pour nettoyer une sape ou un abri, rien ne vaut les grenades. Et les Poilus vont confectionner leurs propres engins. Il s’agit d’un pétard dont l’enveloppe est un tube d’acier de 12 centimètres de long et de 2,5 centimètres de diamètre contenant 100 grammes de mélinite (explosif puissant fait d’acide picrique fondu). Le tube est fixé sur une planche de bois et le système d’allumage est tous simple : un clou qui percute une amorce.

petards à raquettes est une grenade de la premiere guerre

SI VOUS TROUVEZ UN DE CES ENGINS MEURTRIERS, LA CONSIGNE FORMELLE, POUR RESTER EN VIE, EST SURTOUT NE PAS Y TOUCHER ! SOYEZ DONC PRUDENTS ! POUR SIGNALER LE LIEU D’UNE TELLE DECOUVERTE, VOUS DEVEZ IMPERATIVEMENT APPELER LE BUREAU DE GENDARMERIE LE PLUS PROCHE, QUI, LUI, CONTACTERA LES DEMINEURS PROFESSIONNELS. VOUS N’ENCOURREZ AUCUNE SANCTION PENALE EN SIGNALANT CE TYPE DE DECOUVERTE.

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