Qui n’a pas sorti de terre, provenant d’un sous-bois, ou des sillons de quelque champ, une balle de Chassepot, tirée par ce fameux fusil français datant de la fin du 19ème siècle !
L’équipement de l’infanterie française subit de profondes modifications entre 1866 et 1890. Le fusil Chassepot, modèle 1866, vient révolutionner l’armement et s’impose comme une arme de premier plan, dès 1867, à la bataille de Mentana. En effet, le fusil à tabatière modèle 1867 permet de remplacer l’ensemble de l’armement juste avant 1870.
La Troisième République poursuit cette modernisation avec le fusil Gras en 1874, le Kropatschek en 1884, le fusil Châtellerault en 1885, puis le Lebel de 1886 à 1893, fusil français le plus célèbre, en service lors du déclenchement des hostilités en 1914.
L’impératif de modernisation : Pourquoi le Chassepot ?

De 1861 à 1865, la Guerre de Sécession et le conflit entre la Prusse et le Danemark mettent en avant la supériorité des armes à chargement par la culasse. Ce tout nouveau procédé de réapprovisionnement permet enfin au soldat de recharger, en position couchée, et augmente la cadence de tir. L’armée française, elle, est alors toujours équipée de fusils se chargeant par la bouche, et donc périmés.
Depuis 1840, la Prusse s’est équipée d’un fusil à aiguille se chargeant par la culasse, le fusil Dreyse. Or, à cette époque, une guerre entre la France et la Prusse semble inévitable. Le Ministre de la Guerre français décide alors de doter les régiments d’infanterie d’une arme se chargeant par la culasse et utilisant par conséquent une cartouche à amorce.
Le Chassepot modèle 1866 : Une révolution technique

Après des essais au camp de Châlons à l’été 1866, le “fusil de monsieur CHASSEPOT” est sélectionné. D’un poids de 4,1 kgs pour un calibre de 11 mm, il permet de tirer des balles en plomb capables d’atteindre une cible à 1 000 mètres, avec une portée maximum de 1 600 mètres, et ce à une cadence de tir de 7 à 14 coups par minute ; portée et cadence de tir devenant ainsi deux fois supérieures à celles de son homologue allemand, le Dreyse.
Le Chassepot utilise une cartouche à étui de carton enveloppé de gaze vernie, les crédits alloués ne permettant pas la fabrication d’une cartouche à étui métallique. Cela ne fut pas sans influence sur le comportement des officiers français qui pratiquèrent très souvent une tactique défensive, préférant attendre l’ennemi sur une bonne position et le faucher à bonne distance.

L’adoption massive et l’impact du chassepot
L’empereur Napoléon III ordonne la fabrication en grande série de cette nouvelle arme, et 1 050 000 Chassepots équipent l’armée française à la déclaration de guerre, le 15 juillet 1870.
















