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Exceptionnelle bague romaine à intaille en or !

In Raretés

Trouvaille parue dans le n°27 du magazine. C’est une découverte en pleine forêt en France, au milieu de nulle part faite au détecteur de métaux. La bague pèse 12 grammes. Elle représente, semble-t-il, une victoire aillée ou une déesse, debout sur un globe, un phallus à l’envers entre les jambes, tenant une haste et des lauriers de victoire. Il s’agit vraisemblablement d’une bague de femme. Elle date du 1er ou 2e siècle de notre ère.

un prospecteur trouve une magnifique bague à intaille romaine

L’utilisation des intailles, inconnue des Celtes, est liée à la progression de la civilisation romaine. Elles sont plus nombreuses dans les régions urbanisées, les zones de passage ou d’occupation militaire. Leur usage a dû se répandre avec l’écriture, servant entre autre à cacheter les lettres et tablettes. A la fonction décorative de ces bijoux, s’ajoutait parfois un caractère magique ou politique. Sous Auguste, l’exécution est soignée, les motifs s’inspirent souvent de la mythologie grecque. L’élargissement de la clientèle impose une simplification des motifs et du travail. Si les intailles ne reflètent guère de spécificité locale, le panthéon romain et les sujets militaires sont les plus représentés. On trouve aussi des scènes champêtres et de chasse, des animaux de tout genre et des créatures mythiques. Les pierres, de dimensions et d’exécution assez humbles, sont presque toutes de la vaste famille des quartzs. Si celles-ci ont été importées, notamment de l’Italie septentrionale, d’autres intailles en pâte de verre, imitant les pierres précieuses, sortent de la production locale.

La bague en or à intaille romaine

Indice d’une certaine aisance financière, leur popularité croissante va de pair avec l’essor économique de la Gaule aux Ier et IIe siècles, mais ne survit pas aux troubles du IIIe siècle. Au IVe siècle, la disparition de la glyptique est accélérée par l’expansion du christianisme qui ne laisse guère de place aux sujets païens. A l’époque franque, des intailles romaines ont été récupérées dans des bijoux en or. A titre d’exemple d’intaille, aux temps antiques, on gravait parfois un pedum qui était une houlette servant au berger pour attraper et saisir par la patte les chèvres et les moutons : on la représentait toujours, dans les œuvres d’art, comme un simple bâton recourbé en crosse à l’une de ses extrémités. Les chasseurs et les paysans de l’antiquité employaient aussi un bâton de la même nature, mais plus court et plus gros, pour le jeter aux lièvres et les assommer. C’est donc avec raison que, dans les œuvres d’art, on prête ce bâton aux Centaures, lesquels sont souvent représentés tenant un lièvre mort d’une main et un court pedum de l’autre, afin de marquer leur goût présumé pour la chasse.

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