Chaque détectoriste connaît ce moment où, après des heures de prospection, un son différent des autres se fait entendre. Pour moi, ce moment est arrivé sur le chemin du retour, en fin de journée. Un bip clair, une cible prometteuse.
Après un coup de pelle prudent, j’ai extrait de la terre une fine monnaie grisâtre : il s’agissait d’un blanc guénar du roi Charles VI, une de ces découvertes qui donne tout son sens à notre passion.
Identification du blanc guénar
Il s’agit d’un blanc, dit guénar de Charles VI, de la deuxième émission (O ronds) du 11 septembre 1389. Il date donc de la période 1389-1405. Le diamètre de la monnaie est de 27 millimètres et son poids de 2,90 grammes.

- Avers : L’inscription est KAROLVS: FRANCORV: REX (Charles, roi des Francs), avec des O ronds, une ponctuation par deux annelets pointés superposés, et les N romaine et rétrograde. On y voit l’écu de France.
- Revers : On peut y lire SIT: NOME: DNI: BENEDICTV (Béni soit le nom du Seigneur), avec des M et N onciales, le N de BENEDICTVM étant romain et rétrograde. Le motif est une croix cantonnée aux 1 et 4 d’une couronnelle, et aux 2 et 3 d’un lis.
Qui était Charles VI, dit “le Fou” ?
Fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, Charles VI naît à Paris en 1368 et meurt en 1422. À la mort de son père, en 1380, il est sacré roi à Reims. N’ayant que 12 ans, ce sont ses oncles, Louis Ier d’Anjou, Jean de Berry et Philippe de Bourgogne dit “le Hardi”, qui assurent sa tutelle et la régence. Le jeune roi sera tiraillé entre ces Princes qui serviront avant tout leurs intérêts personnels.
En 1385, il se marie avec Isabeau de Bavière dont il aura 11 enfants. En 1388, à sa majorité, il prend les rênes du pouvoir, renvoie ses oncles et s’entoure des anciens conseillers de son père. Ces derniers, comme Olivier de Clisson ou Juvénal des Ursins, sont appelés par dérision les Marmousets. La nouvelle équipe procède alors à une réforme générale de l’État.
C’est en 1392 qu’apparaissent les premiers signes de folie. Le 5 août 1392, lors de la traversée de la forêt du Mans, il croit tomber dans une embuscade, frappe de son épée et tue tous ceux qui se trouvent autour de lui. Charles VI est maîtrisé et ramené au Mans. Ses oncles reprennent le pouvoir.

En 1393, à la suite d’un horrible accident resté dans les mémoires sous le nom du “Bal des Ardents“, sa raison vacille encore un peu plus. Il vit alors reclus dans son Hôtel Saint-Pol à Paris, alternant les périodes de lucidité et de folie.
À partir de 1410, une véritable guerre civile s’installe entre les Armagnacs, partisans de Charles d’Orléans, et les Bourguignons de Jean sans Peur, allié des Anglais. Le royaume est dans le plus grand chaos et l’armée française est écrasée à Azincourt en 1415.
La bataille d’Azincourt : un tournant historique
La bataille d’Azincourt se déroule le 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Elle oppose les troupes françaises, comptant entre 25 000 et 45 000 hommes, au contingent anglais fort d’environ 10 000 hommes. Cette bataille est une défaite importante pour le camp français. La cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux, est transpercée par les archers gallois équipés de grands arcs (longbows) à très longue portée.
Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute, sera souvent considérée comme la fin de l’ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance. Elle sera, en réaction, une cause majeure de l’épopée de Jeanne d’Arc et de l’investissement dans l’artillerie qui deviendra une spécialité française.















