Cette médaille, que l’on trouve assez souvent lors de sorties en détection de métaux, possède une histoire particulière. Elle est réputée pour avoir des pouvoirs de protection contre les démons de l’enfer, ce qui en fait un objet de piété populaire depuis des siècles.
Rappel sur la législation de la détection de loisir
Avant toute chose, il est important de se souvenir des règles qui encadrent notre pratique. Le respect de la législation est fondamental pour la pérennité de notre loisir. Conformons-nous à la Loi n°89-900 du 18 décembre 1989 et à l’article pertinent du Code du patrimoine.
Article L. 542-1 du Code du patrimoine :
« Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche. »

Un peu d’histoire
L’usage de cette médaille s’est largement répandu au fil du temps. Par exemple, les Filles de la Charité, congrégation fondée au XVIIe siècle, les avaient adoptées pour leur chapelet, sur l’invitation de saint Vincent de Paul. De nombreux auteurs affirment d’ailleurs qu’à l’exception des médailles de la Sainte Vierge, aucune autre médaille n’est aussi répandue.
Les vertus prêtées à la médaille
On lui attribue un puissant secours contre les embûches du démon et une aide pour obtenir des grâces spirituelles, comme les conversions ou l’apaisement des tentations. Mais au-delà de l’aspect spirituel, elle préserverait aussi des accidents de tout genre, guérirait les maladies et protégerait le bétail. On peut la fixer dans les maisons, les étables ou sur des machines. Elle attirerait également des grâces spéciales au moment de la mort.
Description et symbolisme de la médaille
Pour bien identifier cette trouvaille, il faut en connaître les deux faces.
L’avers : Le portrait de Saint Benoît

Sur cette face, on voit l’image de Benoît de Nursie qui tient une croix dans la main droite et la Règle dans la gauche. Cette Règle, édictée par le saint, est devenue la base des ordres bénédictins et cisterciens. À sa droite, une coupe d’où s’échappe une vipère rappelle comment il échappa à un empoisonnement en faisant un signe de croix. À sa gauche, un corbeau emporte un pain empoisonné.
On y trouve souvent les légendes latines suivantes :
- CRUX SANCTI PATRIS BENEDICTI : « Croix du Saint Père Benoît ».
- EIUS IN OBITU NOSTRO PRAESENTIA MUNIAMUR : « Que sa présence nous défende à notre mort ».
Le revers : La croix et les inscriptions
Le revers de la médaille porte une grande croix et un ensemble de lettres dont la signification est précise. Au-dessus de la croix se trouve soit le monogramme I.H.S. (les trois premières lettres du nom de Jésus en grec), soit le mot PAX (« paix »), devise de l’Ordre bénédictin.
Les initiales présentes sur cette face ont toutes une signification :
- Entre les branches de la croix : C.S.P.B. pour CRUX SANCTI PATRIS BENEDICTI (« Croix du Saint Père Benoît »).
- Sur la branche verticale de la croix : C.S.S.M.L. pour CRUX SACRA SIT MIHI LUX (« Que la sainte croix soit ma lumière »).
- Sur la branche horizontale : N.D.S.M.D. pour NON DRACO SIT MIHI DUX (« Que le dragon ne soit pas mon chef »).

En bordure de la médaille, on peut lire une prière d’exorcisme sous forme d’initiales :
- V.R.S.N.S.M.V. pour VADE RETRO SATANA, NUMQUAM SUADE MIHI VANA (« Retire-toi Satan, ne me conseille jamais tes vanités »).
- S.M.Q.L.I.V.B. pour SUNT MALA QUAE LIBAS, IPSE VENENA BIBAS (« Le breuvage que tu verses, c’est le mal ; bois toi-même tes poisons »).
L’évolution de la médaille : Du XVIIe siècle à nos jours
La plus ancienne forme connue de la médaille de saint Benoît est ovale. La version plus moderne, de forme ronde dans le style de l’école d’art de Beuron, a été créée pour le Jubilé de saint Benoît de 1880, qui célébrait le 1400ème anniversaire de sa naissance. C’est cette version, nommée “médaille du Jubilé”, qui est encore en usage aujourd’hui et qui porte la devise “PAX” au-dessus de la croix.















