Ce bronze de type CRICIRV a été découvert par thor95, muni de son fidèle détecteur Cibola de la marque Tesoro, dans une forêt du Val d’Oise. Il s’agit d’une monnaie celtique de la tribu des Suessions, frappée entre 50 et 40 avant J-C. On remarquera que les traces des tenons de coulée du flan sont encore visibles sur cette pièce.

- À l’avers : Tête casquée à gauche, entourée d’un grènetis.
- Au revers : Cheval ailé bondissant à gauche. La légende CRICIRV est inscrite au-dessous du cheval, avec un grènetis.
Ces monnaies de bronze offrent une grande variété tant de droits que de revers. Les droits peuvent représenter des bustes jeunes, barbus, toujours casqués mais avec une grande diversité dans le traitement des casques et des éléments “décoratifs” qui remplissent le champ. La légende varie surtout entre CRICIRV, CRICIRONIS et CRICIRONVS. Il existe également d’autres variantes ponctuelles. Malgré une attribution aux Suessions et plus particulièrement au site de Pommiers, les trouvailles nombreuses se situent dans l’Aisne, l’Oise, en Seine-Maritime, dans la Somme et dans le Val-d’Oise.
Signification de la légende CRICIRV
CRICIRV ne provient probablement pas d’un nom d’origine latine, mais de “krikiryx”, un assemblage de deux mots grecs : à savoir “kri” pour “krithi”, qui signifie “orge”, et “kiryx”, “le messager (des dieux)”. Car qui, mieux qu’un cheval bondissant (au revers de la pièce), serait un messager à l’orge ?

Le peuple des Suessions
Les Suessions étaient un peuple important des Belges, cantonnés sur la rivière de l’Aisne dans le territoire de la province du Soissonnais. Ils avaient pour voisins, proches ou lointains, les Rèmes (les Suessions et les Rèmes se disaient “frères consanguins”), les Lingons, les Sénons, les Parisii, les Bellovaques et les Ambiens.
Durant l’hiver de l’an 57 avant J.-C., une vaste coalition regroupant tous les peuples du nord des Gaules (à l’exception des Rèmes qui préférèrent s’allier à César) vit le jour. Forte de près de 300 000 hommes, cette coalition se mit en marche sous les ordres de Galba, chef des Suessions.
Ils envahirent le pays des Rèmes, firent le siège de Bibrax, un oppidum retranché situé sur la colline du Vieux-Laon près de Saint-Thomas, à une douzaine de kilomètres au sud-est de Laon. César vint à la rescousse de ses alliés et força la levée du siège avec à peine 80 000 hommes sous son commandement.
La coalition gauloise vola en éclat et chaque peuple rentra sur ses terres pour s’y tenir sur la défensive, non sans s’être préalablement assuré d’un soutien mutuel en cas d’attaque des Romains. Galba dut livrer ses deux fils en otages. De son côté, Jules César profita de ce qui ressemblait à une débandade désorganisée pour avancer en territoire ennemi et arriver devant Noviodunum (Soissons), capitale des Suessions qui fut prise et soumise.

Continuant sur sa lancée, Jules César imposa sa loi aux Bellovaques, non sans combattre, et marcha ensuite contre les Viromanduens, alliés pour la circonstance et selon les accords préalables aux Nerviens. La bataille eut lieu sur les bords de la Sambre ou de la Selle (la question est toujours débattue) et les Romains durent faire face à une résistance acharnée de leurs adversaires avant de les vaincre.
Entre-temps, les Aduatiques s’étaient mis en route pour soutenir la défense des Viromanduens et des Nerviens. Ils n’étaient pas encore arrivés qu’ils apprirent la victoire romaine et décidèrent de faire demi-tour pour rejoindre leur capitale Aduatuca. À leur tour, les Aduatiques furent assiégés et vaincus.















