Pour vous permettre de mieux appréhender la numismatique celtique, si vous en trouvez en détection, et de situer avec plus de précision l’origine de toutes vos monnaies gauloises. Nous poursuivons donc ce panorama des tribus en vous décrivant les Trévires.
Qui étaient les trévires ?

Ils formaient un peuple gaulois de la Gaule belgique, ayant un vaste territoire qui s’étendait sur une partie du Luxembourg Belge, le Grand-Duché de Luxembourg et la Basse Moselle allemande. Leur roi Indutiomare mena la vie dure à Jules César pendant plusieurs années et ils ne furent soumis qu’en 52 avant J.-C. Mais, pendant un siècle encore, ils se révoltèrent sporadiquement.
La province romaine de Gallia Belgica du début de la période impériale correspondait pratiquement à l’ensemble des cités de l’ancienne fédération belge, c’est-à-dire les territoires situés entre le Rhin et la Seine, auxquels César donna le nom de Belgium. Au départ, la capitale de la province fut Reims, puis la capitale fut transférée à Trèves.

L’ascension de trèves sous l’empire romain
Plus tard, vers 268, les légions postées sur le limes ne constituèrent qu’une ligne de défense très mince, de sorte que l’Empire romain perdit les territoires situés entre le Rhin et le Danube. Pour y faire face, Dioclétien décida d’instaurer un nouveau système. Au lieu d’être seul empereur pour tout l’empire, il nomma Maximien César en 285, chargé de défendre la partie occidentale de l’empire.
La répartition fut facile, une partie de l’empire (Balkans et Grèce en Europe, Proche-Orient, Égypte) utilisant traditionnellement le grec comme langue administrative, l’autre partie (Italie, Gaules, Espagnes, Nord de l’Afrique, cours supérieur du Danube), utilisant le latin.
En 293, satisfait du fonctionnement de ce duumvirat, il le développa. Chaque Auguste se choisit un nouveau collègue, chargé de l’assister dans sa partie d’empire, qui fut nommé César, devant succéder à l’Auguste qu’il assistait dans un premier temps. C’est à cette époque que Trèves devint la capitale d’un des tétrarques, appelé à lui succéder à la tête de la partie occidentale de l’Empire romain.
Augusta treverorum : la “seconde rome”
Trèves fut fondée en 16 avant J.-C. sous l’empereur Auguste, au voisinage de sanctuaires voués aux divinités de la tribu celte des Trévires. Sous le règne de Claude, Trèves devient une colonie, c’est-à-dire qu’elle reçoit un contingent de vétérans à qui l’on attribue, avec la citoyenneté romaine, une terre en guise de prime de démobilisation.
La ville est alors administrée sur le modèle de Rome, avec ses deux duumvirs et son sénat local composé de décurions.

Place forte très importante dans la défense contre les Barbares, elle fut dotée d’une enceinte abritant la plus grande surface urbaine de Gaule (282 hectares). Il subsiste de cette enceinte la Porta Nigra, monumentale porte fortifiée devenue le symbole de la ville ainsi que quelques fondations des murs d’enceinte.
Grande métropole marchande à partir du IIe siècle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du IIIe siècle et siège d’un atelier monétaire impérial à partir de 294, Trèves fut qualifiée de « seconde Rome » ou « Roma Secunda ».
On peut encore y admirer de nos jours des monuments intéressants datant de la Tétrarchie : la Porta Nigra, le Pont Romain, l’Amphithéâtre, la Basilique Romaine et les Thermes Impériaux. Beaucoup de découvertes de cette époque sont exposées au Musée Régional (Landesmuseum).
À la même période, la ville se développa en un des centres du christianisme. Conquise par les Francs au cours du 5ème siècle, Trèves fut incorporée à l’Empire germanique de l’Est en 870, quand l’empire carolingien fut divisé.
Une identité entre gaulois et germains
César les qualifiait de Germains. Était-ce à cause de leurs braies (pantalons), ou à cause de leur langue ? Il semble qu’aux IIIe et IVe siècles, la langue véhiculaire, au moins dans leur capitale Augusta Treverorum (Trèves en français, Trier en allemand), était un parler gaulois.
Dans ce sens, saint Jérôme témoigne, dans son Commentaire de l’Épître aux Galates, « que les Trévires parlent la même langue que les Galates d’Asie Mineure descendants de Gaulois de la Celtique, rescapés de l’expédition de Brennus à Delphes » (Jean Markale, « La femme celte », Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1989, p.53).

Ils avaient pour voisins les Atuatuques, les Éburons, les Rèmes et les Médiomatriques. Leur principal oppidum se trouvait au Titelberg (Luxembourg). Au temps où César menait la conquête de la Gaule, il employait des cavaliers auxiliaires trévires parce que, dit-il, « parmi les Gaulois, leur réputation de courage est unique » (La Guerre des Gaules, II, 24).
Les Trévires, d’ailleurs, ont donné à l’imperator romain bien du fil à retordre et occupèrent une place importante dans le livre VI de La Guerre des Gaules. Fin 51 avant J.-C., lorsque toute la Gaule est pacifiée, Hirtius nous dit que « César envoie Labienus [passer l’hiver] avec deux légions chez les Trévires, nation qui, entraînée aux guerres incessantes du fait de la proximité de la Germanie, par son mode de vie et sa brutalité, ne se distinguait pas beaucoup des Germains et ne se soumettait jamais à l’autorité si elle n’y était pas contrainte par la présence d’une armée » (VIII, 25).
Des compétences reconnues
À l’époque romaine, les Trévires étaient de très bons agriculteurs : ils avaient mis au point une moissonneuse poussée par un âne, représentée sur un bas-relief et que des archéologues ont pu reconstruire et faire fonctionner dans les années 1950. Ce bas-relief étant l’unique témoignage de cet engin agricole, il ne dut pas avoir une grande diffusion.
Les Trévires étaient par ailleurs réputés pour leurs élevages de chevaux.















