L’Explorer SE, testé par le champion de France Serge alias TOGIRIX, est devenu le 1er champion de France de détection de métaux en 2006. Il a notamment terminé 2ème sur 200 lors de la manche “maniement du détecteur”. Grâce à son Explorer XSII, il a su identifier le métal, la profondeur et la nature de la plupart des cibles enterrées, prouvant ainsi sa parfaite maîtrise de l’appareil. Qui mieux que lui pourrait vous parler de cette nouvelle version de l’Explorer ? Togirix est également président de l’Association OSCHERET, dont nous vous avons déjà parlé dans ce magazine.
Détectez sur 28 fréquences à la fois !
L’Explorer SE utilise la technique de Full Band Spectrum (FBS). L’appareil envoie simultanément 28 fréquences dans le sol, allant de 1,5 à 100 kHz. Il bénéficie ainsi des avantages des fréquences basses pour la profondeur et des fréquences hautes pour la sensibilité sur les petits modules et la pénétration sur les terrains à forts effets de sol. L’Explorer a donc la faculté de s’affranchir parfaitement de ces effets gênants dus au sol et à d’autres minéralisations.

Aujourd’hui, l’Explorer SE est disponible avec un nouveau logiciel de 3ème génération. En voici quelques caractéristiques utiles :
- Nouvel affichage pour le fer, de 0 à 31 et AM pour le « Tout métal ».
- Grande rapidité de mise en marche et d’arrêt.
- Les réponses audio 1, 2 et 3 sont modifiées.
- Préréglage en usine à 8 pour le niveau de réponse (au lieu de 5).
- Un threshold (seuil sonore) plus stable dans les zones polluées.
- Caractères plus larges à l’écran.
- Améliorations des capacités de l’indicateur de profondeur.
- Tête de détection plus légère et plus mince que la précédente (60 grammes de moins).
- Consommation de piles réduite de 8%, assurant une ou deux heures d’autonomie en plus.
- Amélioration apportée au niveau du pinpoint : la localisation est plus précise et le signal plus puissant sur les cibles très profondes.
Première prise en main
Le premier constat est le nouveau look de l’appareil. Minelab a abandonné la couleur beige pour un beau noir anthracite. Le moule n’a pas évolué, et l’appareil présente toujours la même configuration. Une couleur, un autocollant et une nouvelle tête sont les différences visibles pour ce nouvel Explorer. Cependant, c’est par son contenu, s’agissant du software, qu’il fait montre de grands changements.
Beaucoup de détectoristes attendaient de lui un poids plus léger. Il est vrai que par sa couleur, on lui attribue une certaine sveltesse, il a l’air moins lourd, mais hélas, ce n’est qu’une illusion ! Seule la tête, plus légère d’une soixantaine de grammes, apporte une baisse de poids. Fort heureusement, cet allègement, qui peut paraître dérisoire, se ressent positivement lorsque la machine est utilisée durant de longues sorties. Si l’appareil peut paraître lourd, il est, par contre, très bien équilibré. C’est dans sa partie arrière qu’est logée la batterie, de sorte que, appuyant sous l’avant-bras et la tête faisant contrepoids, le « SE » se trouve bien équilibré au niveau de la main. En réglant correctement la longueur de sa canne, le détecteur se tient d’un doigt et permet ainsi, après quelques jours d’adaptation, de détecter de longues heures sans réelle grande fatigue.
La mise en marche rapide
Une pression sur la touche power permet à l’appareil de se mettre en fonction d’analyse rapidement. Pour l’ancienne version, il fallait quelques secondes pour qu’il s’initialise. Je remarque de suite que le mode SMART a disparu. L’ancienne version offrait deux choix possibles : le mode Smart et le mode Avanced (Simple et Expert). Désormais, l’appareil ne possède plus qu’un mode accompagné d’une initialisation rapide. Le nouveau menu, très intuitif, n’offre que peu de différences avec l’ancienne version et il reste toujours aussi simple à utiliser.
L’identification visuelle des cibles avec les modes DIGITAL et SMARTFIND

Sur la version SE, les modes SMARTFIND et DIGITAL ne sont plus directement disponibles à l’écran. Les modes LEARN et EDIT, qui permettent de personnaliser la discrimination en dessinant des fenêtres « Notch », ne sont pas couramment utilisés et nécessitent de passer par le menu pour les sélectionner.
Une petite amélioration a été apportée à l’affichage : les chiffres d’identification sont plus gros et les petits dessins (capsules, bagues, monnaies…) ont disparu. Les ingénieurs de chez Minelab semblent avoir bien épuré le logiciel.
Les adeptes du mode digital n’auront plus que des chiffres pour identifier la nature métallique des cibles détectées : le premier, nommé FER, pour la part de fer contenu dans la cible, et l’autre, COND, indiquant la conductivité de la cible ou sa taille. Par exemple, l’affichage de 27 02 désignera une cible très ferreuse ; 02 27 signifiera que nous avons affaire à une cible très conductible (ou très grande) et très peu ferreuse. Les deux échelles d’identification indiquent des valeurs de 0 à 32.
Pour les utilisateurs du mode SMARTFIND, ils constateront qu’il n’y a rien de changé. Le mode SMARTFIND est celui qui devrait être le plus couramment utilisé, vu que tout détectoriste amateur a plus de facilité à reconnaître une cible par sa position sur l’écran qu’en interprétant les chiffres du mode DIGITAL. A contrario, l’identification est bien moins précise. L’Explorer SE apporte donc de quoi satisfaire les plus exigeants avec des analyses par chiffres, par positions sur écran et par les réponses audio grâce à la multi-tonalité.

La sensibilité
Un commentaire rapide concerne la stabilité de la sensibilité, qui a été grandement améliorée. Les essais en forêt, au milieu des branchages, n’ont guère perturbé la machine. Fini les parasitages dans les hautes herbes humides…
Les réglages en usine de l’Explorer SE sont adaptés pour bien débuter en détection. Dès la mise en marche, le détecteur est déjà optimisé pour apporter performances et stabilité au nouvel utilisateur.
Sur la gauche de l’écran se trouvent les réglages de sensibilité. Vous avez le choix entre deux modes : le mode semi-automatique et le mode manuel. Dans le premier mode, l’appareil analyse en continu les conditions de détection et ajuste automatiquement la sensibilité au plus proche du niveau de stabilité choisi. Avec le mode manuel, vous choisissez le niveau désiré en prenant soin d’avoir une stabilité correcte. Ce réglage est recommandé pour les zones très polluées et vous y obtiendrez de bons résultats en effectuant un balayage très lent.
La vitesse de traitement des informations
Une caractéristique technique très importante du nouveau modèle de détecteur doit être mise en exergue : sa vitesse de traitement des informations a été nettement améliorée.
J’ai constaté un meilleur comportement de la machine sur les terrains pollués par des ferreux. Le processeur traitant les données plus rapidement, il accroche d’autant mieux les cibles potentiellement intéressantes au beau milieu des clous, si on s’avise d’utiliser un niveau de discrimination adéquat. Je rappelle qu’il est nécessaire de balayer très lentement dans ces conditions extrêmes et de prendre le temps d’interpréter les sons. Pour les impatients et les compétiteurs qui souhaitent prospecter très vite, l’Explorer n’est sûrement pas l’appareil idéal, si je me réfère au proverbe suivant, élaboré par votre serviteur depuis la nuit des temps : « qui va lentement, va loin » ! Et quand je dis « loin », il s’agit autant de la distance que de la profondeur…
En mode CONDUCT, il faut savoir que le moindre chuchotement aigu ou grave répété au balayage est synonyme de cible à extraire. L’Explorer possède une discrimination quasi parfaite. À un niveau déjà très bas de discrimination, vous ne risquez plus de déterrer un gros ferreux. Il faut de même signaler que le détecteur se trompe parfois d’identification… La plupart du temps, il déraisonne sur un objet circulaire tel qu’un gros anneau ou un cerclage de tonneau, plus rarement un très grand fer à cheval. Ces cas d’erreur ne se rencontrent fort heureusement que rarement et, généralement, la puissance du signal incite le détectoriste à la réflexion.
En dehors des zones polluées, vous pouvez désormais accélérer le balayage. Le SE « accroche » très bien les cibles. Balayer rapidement n’est utile que pour explorer une grande zone à la recherche d’un secteur potentiellement intéressant. Il n’est pas inutile de rappeler qu’un balayage lent optimise vos chances de découvrir de menues monnaies, et ce quel que soit le type d’appareil utilisé. L’Explorer SE n’échappe pas à cette règle générale.

Le mode « Tous métaux »
Voici encore une nouvelle fonction pour le SE. Désormais, en baissant à fond le niveau du masque ferreux, vous activez le mode AM (Tous métaux). Cette possibilité de travailler en tous métaux avec reconnaissance sonore et visuelle des cibles est vraiment bien pratique. Vous bénéficiez alors de toute la puissance disponible pour aller détecter des petites cibles beaucoup plus profondément.
Les trois modes audio
Dans le menu SOUNDS, nous trouvons trois modes très utiles répondant aux exigences de chacun quant à la réponse sonore :
- CONST (constant) : ne donnera qu’une seule tonalité quelle que soit la cible détectée.
- CONDUCT : Ce réglage, préconisé par Minelab, offre une réponse différente selon la conductivité de l’objet : plus elle est grande, plus aigu est le signal. À l’inverse, une faible conductivité aura pour réponse un son grave.
- FERROUS : Ce dernier offre une réponse audio selon la quantité de fer contenue dans l’objet détecté : plus il y a de fer et plus le signal est grave, moins il y en a et plus le signal est aigu.
Le FAST et le DEEP
Deux fonctions aux noms étranges sont disponibles dans l’option RECOVERY, via les dites options.
- En activant FAST, le détecteur réagira plus rapidement aux signaux reçus. Ce mode est recommandé pour les terrains pollués où une cible intéressante pourrait être proche d’une autre indésirable. Attention, la discrimination dans ce mode n’est plus aussi fiable.
- Le mode DEEP, à traduire par « profond », amplifie les faibles signaux. Il permet donc de mieux identifier une cible profonde. DEEP n’est hélas vraiment performant que sur des terrains relativement propres.
Le pinpoint
Une amélioration a été apportée au niveau du pinpoint. Désormais, la localisation est plus précise et le signal est plus puissant sur les cibles très profondes.
Les performances
Les performances sont sensiblement les mêmes que l’Explorer II. Elles sont dans l’ensemble plus qu’honorables et dignes d’un détecteur de haut de gamme. Une amélioration certaine est à constater sur les terrains pollués par des ferreux.
Les tests de performances et d’analyses métalliques ont été effectués avec le réglage effectué en usine, hormis la discrimination qui a été réglée sur AM, c’est-à-dire « Tous métaux ». L’échelle de sensibilité est d’origine réglée à 22 sur une échelle allant de 0 à 32. Il vous sera donc possible d’obtenir de plus grandes performances en augmentant la sensibilité mais aussi en utilisant adéquatement les options disponibles, via le menu principal.
Il est inutile de faire un comparatif avec son prédécesseur, car les différences sont dérisoires. Je noterai cependant une plus grande difficulté à détecter les très petites monnaies du genre « petites barbares, gallo-romaines » ainsi que les très petits bijoux. Même en « Tous métaux », l’Explorer SE a refusé d’émettre le moindre son au-dessus d’une fine chaîne en or… et les petits objets d’or ou d’argent, à bas titre, sont quasi ignorés s’ils sont enterrés à plus de cinq centimètres de profondeur. Il faut avouer qu’une tête de 26 cm de diamètre n’est pas vraiment faite pour effectuer ce genre de recherches. Des essais restent donc à faire avec une petite tête pour connaître ses capacités à déloger les cibles minuscules.
Mes premiers essais sur le terrain
Je me suis rendu à la boutique du Fouilleur pour qu’on me prête ce nouvel appareil, David et Gaël m’ont gentiment organisé une sortie détection en Essonne. J’ai donc réalisé mes premiers essais avec l’équipe du Fouilleur.
Ayant été habitué à prospecter avec l’ancien modèle, l’Explorer II, durant près de trois ans, j’ai pris mes habitudes et je n’imaginais pas être aussi dérouté par ce nouveau modèle. J’ai réglé le SE comme je le faisais avec mon ex fidèle compagnon et j’ai été agréablement surpris de le voir très stable. En effet, j’ai la fâcheuse marotte de pousser la sensibilité à fond et d’augmenter la réponse sonore (Gain) dans la même proportion. Là où mon Explorer II ne supportait habituellement pas le moindre choc, le SE reste d’une stabilité très plaisante, mais intrigante. Ma première impression fut donc de croire à un manque de puissance, mais j’ai vite compris que ce n’était pas le cas. Ce jour-là, j’ai passé mon temps à creuser pour déterrer une quantité de petites cibles potentiellement intéressantes, alors que les détenteurs de Gold et de Tesoro semblaient s’ennuyer à mourir… Seul Diablo, pilotant son Xplorer G.maxx, s’amusait autant que moi et creusait à tout va. Le résultat obtenu, à la fin de cette première sortie, promettait des découvertes nombreuses pour mes futures sorties.
J’ai eu ensuite, sur mes propres terrains en Bourgogne, une petite série de déceptions. Selon les terrains, les performances n’étaient pas les mêmes. J’ai donc dû revoir tous mes réglages de sensibilité et de discrimination, et, surtout, je me suis enfin décidé à lire la notice… Après une courte période d’adaptation au nouveau comportement de l’Explorer SE, j’ai vraiment commencé à apprécier la machine. Je préviens donc gentiment ceux qui passent de l’ancien au nouveau modèle : ils vont être assez déroutés. Pour les nouveaux acquéreurs, je rappelle que l’appareil est déjà réglé en usine pour une détection optimisée. C’est petit à petit qu’ils auront la joie de découvrir les multiples possibilités de l’Explorer SE.
Il serait un peu long de décrire toutes les fonctions de l’Explorer. La notice en elle-même promet de bonnes heures de lectures. Aussi j’invite les utilisateurs et futurs acquéreurs de ce monstre de la détection à lire et relire la notice pour se familiariser avec la multitude des possibilités de réglages. Et qu’ils n’hésitent pas à tester sur le terrain, et pourquoi pas à la maison, les différents programmes offerts par le détecteur. Je vous invite aussi à retrouver les utilisateurs de l’Explorer SE sur le forum du Fouilleur, lesquels partagent régulièrement leurs remarques et leurs astuces. À vous la joie de la programmation facile et intuitive !
Personnellement, trois ans après avoir acquis mon Explorer II j’en apprends toujours et découvre des réglages qui me surprennent encore. Ce beau jouet qu’est l’Explorer SE promet des années de bonheur à celui qui aime le changement, à celui qui aime bidouiller, celui qui souhaite un compagnon à tout faire. Car c’est là que réside l’avantage de l’Explorer, aucun terrain ne lui fait peur : bord de mer, sables salés gorgés d’eau, terres noires, terres minéralisées, champs fraîchement labourés, forêts… Peut lui importe, il s’adapte à tout. Quant à sa puissance, il n’a rien à envier aux autres machines de haut de gamme. Il fait même, très souvent, mieux. Les Américains ne le considèrent-ils pas comme le détecteur le meilleur du monde ?
Conclusion
Faut-il regretter l’ancien Explorer et la possibilité qu’il offrait de pouvoir être « booster » en poussant la Sensibilité et le Gain au plus haut ? L’appareil devenait, certes, assez instable, mais « claquait » fortement au-dessus de minuscules objets. Pour répondre aux exigences des utilisateurs qui réclamaient une meilleure stabilité du détecteur, j’ai imaginé un instant que Minelab avait trouvé une solution en bloquant la sensibilité à un certain niveau, ce afin d’assurer une certaine stabilité et, par la même occasion, un meilleur confort d’utilisation. Avec du recul et après deux mois d’essais, j’ai fini par constater que les performances générales de l’Explorer SE sont toujours présentes et aussi bonnes, qu’aujourd’hui il est bien plus efficace sur les terrains pollués et que ses améliorations apportent un accroissement réel du confort de détection. Force est donc de constater qu’il ne s’agit pas d’un simple relookage, mais bien d’une troisième version de l’Explorer générant un gain significatif de performances, quoique j’eusse espéré qu’elles aient été encore plus importantes…
L’avis de TOGIRIX
J’AI AIMÉ :
- Sa robustesse
- Ses performances
- La qualité de discrimination
- Son équilibrage
- La simplification des menus
- L’augmentation d’autonomie
- Un meilleur confort de lecture grâce aux caractères plus larges sur l’écran
- Sa nouvelle tête plus légère
- Sa grande stabilité et ses nouvelles performances sur les terrains pollués
- L’augmentation de la vitesse de traitement des données
- Son nouveau look
J’AI MOINS AIMÉ :
- Son temps d’apprentissage, trop long
- Son poids, encore trop lourd
- Son manque réel de performances nettement améliorées















