Bien que la civilisation hallstattienne du Rouergue demeure relativement méconnue, elle a laissé une empreinte significative sur notre territoire. Des milliers de tumuli parsèment notre sol, témoins silencieux d’une époque lointaine.
La civilisation Hallstattienne en Rouergue : Des tumuli énigmatiques
Le tumulus hallstattien se présente comme un tertre de terre, généralement d’un diamètre allant de 7 à 20 mètres. Il abrite une chambre sépulcrale de petite dimension, tantôt bâtie en pierre, tantôt simplement protégée par des dalles grossièrement assemblées.

Les fouilles de ces sépultures ont révélé un matériel archéologique relativement modeste, composé principalement de grandes épées, d’anneaux de jambe, de bracelets en bronze et en fer, ainsi que de débris de poteries.
Origines et implantation en Rouergue
Le nom de Segodunum, porté par une ville celtique d’Allemagne du Sud (aujourd’hui Wurtzbourg), fut également donné à l’oppidum fondé au cœur du Rouergue, le pays des Rutènes. Le nom “Rutène” est lui-même un sobriquet ethnique d’origine celtique. Il signifie littéralement “les blonds”, ou plus précisément “les roux” (de “Rot” en germanique).
L’atelier monétaire de Goutrens et l’art de la métallurgie chez les Rutènes

Une découverte majeure fut réalisée à Goutrens en 1867 : la mise au jour de 4 kilogrammes d’argent en lingots et de 20 000 pièces vierges de toute usure. Cette trouvaille exceptionnelle a révélé l’emplacement d’un atelier monétaire gaulois.
Dans cet atelier, on fabriquait des monnaies à la croix et au sanglier, pesant invariablement 2,20 grammes. Ces pièces étaient identiques à celles produites par les Volques Tectosages, suggérant une collaboration étroite entre les peuples. Ces découvertes ont également mis en lumière l’habileté des Rutènes en métallurgie.
Non seulement ils maîtrisaient le procédé de la coupellation pour extraire l’argent de la galène, mais ils avaient atteint une perfection remarquable dans l’affinage de ce métal précieux. Le titre des lingots de Goutrens varie de 951,5 à 978 millièmes avec un millième d’or, tandis que celui des pièces s’établit entre 987 et 997 millièmes, avec quelques traces d’or.

Trésors monétaires et croyances religieuses
Quant aux quatre trésors de monnaies en argent “à la croix” découverts en Rouergue occidental, ils sont probablement des dépôts liés à des croyances religieuses. La présence d’un torque tubulaire en or dans le dépôt de la Loubière renforce cette hypothèse, car ce type de parure était fréquemment offert aux divinités.















