On s’est toutes et tous posé un jour la question après avoir découvert fortuitement un tel objet métallique, qui servit, et sert encore, de fermoir pour boutonner les vareuses d’uniformes. Compte tenu de l’ampleur du sujet, nous aborderons spécifiquement, dans chaque numéro de cette revue, l’histoire d’un régiment vécue à travers ses boutons. Commençons donc par le 22e Régiment d’Infanterie.
L’évolution et la numérotation des boutons militaires
Le numéro de régiment décorant les boutons militaires est apparu en 1762, pour perdurer jusqu’en 1871. Tout au long de ces 109 années, l’attache du bouton est restée pratiquement la même, par contre la forme de l’objet a légèrement évolué. Le bouton reste plat jusqu’en 1820. De 1820 à 1844, il devient légèrement bombé, pour demeurer à demi bombé jusqu’en 1871.

Les premières campagnes du 22e Régiment (1771-1800)
De 1771 à 1783, le 22e d’Infanterie est engagé dans les colonies où il participe à la prise des îles de Grenade et de Tabargo, puis il défend courageusement la Martinique.
En 1783, il est de retour en métropole, où il est stationné du côté de Dunkerque jusqu’en 1788. En 1792, il établit ses quartiers à Saint Omer, avant de participer la même année à la célèbre bataille de Valmy.
En 1793, nous le retrouvons au siège de Lille, alors qu’il est attaché au corps d’armée devant conquérir la Belgique, puis faire campagne en Hollande.
L’an 1794, le 22e participe à la campagne d’Italie, où il se distingue à la prise de Roccavionne et Boves.
En 1795, il est toujours en Italie et stationne du côté de Briga.
L’année 1798 le voit rejoindre à nouveau la Hollande où il est engagé à la bataille des dunes des bergers.
Le 22e Régiment au tournant du XIXe siècle et les campagnes napoléoniennes (1800-1815)
En 1800, il est envoyé sur le bord de la Loire pour combattre un chef vendéen, le célèbre Cadoudal, puis il retourne en Italie la même année où il se distingue à la prise d’Aoste et à la célèbre bataille de Marengo.
De 1800 à 1802, il stationne dans le nord-ouest de l’Italie.

En 1804 nous le retrouvons à nouveau du côté de Saint Omer. Il est de toutes les batailles et il participe au siège d’Hanovre et de Hambourg en 1805.
De 1808 à 1809, le 22e est à nouveau expédié en Allemagne où il est engagé dans la bataille de Dresde.
De 1810 à 1812, il participe à la guerre d’Espagne et aux combats de Burgos. En 1813, il est devant Saint Sébastien avec le corps expéditionnaire français qui prend la ville.
De retour en France en 1813, il repart pour l’Allemagne et marche sur Berlin avant la bataille de Leipzig. En 1814, nous le retrouvons du côté de Mastricht et de Lille et il participera aux batailles de Ligny et de Wavre en 1815.
De la Restauration à la Guerre d’Algérie (1816-1839)
L’année 1816, avec l’arrivée de Louis XVIII au pouvoir, le 22e devient la Légion de l’Isère.
En 1819 la légion iséroise est stationnée à Besançon.
Redevenue régiment en 1820, cette unité participe à la guerre d’Espagne, puis nous la retrouvons en Belgique en 1831, et au siège d’Anvers.

En 1832, le 22e est à Maubeuge, puis à Béthune en 1834, avant d’être engagé dans la Guerre d’Algérie en 1839.
Les dernières années et la Guerre de 1870 (1847-1870)
En 1847, le 22e Régiment d’Infanterie se trouve à Lyon, puis en 1850 il stationne en Bretagne où il reste jusqu’en 1855, date à laquelle nous retrouvons sa trace à Paris. Il est de nouveau cantonné à Lyon en 1860.
L’année 1869 le voit participer à la guerre contre l’Allemagne et en 1870 au désastre de Sedan, où il est fait prisonnier par les allemands.
Conclusion et prochain épisode
Dans le prochain numéro, nous vous ferons part de l’histoire du 30e d’Infanterie.















