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Henri III : Histoire et monnaies du roi de France

In Monnaies
Boursée de monnaies pour la plupart d’Henri III trouvée par Neekee. On y voit en haut à gauche un double sol parisis 2eme type et à sa droite douzain aux deux C 1er type de Charles IX. Les monnaies de Charles IX continuèrent à circuler sous le règne d’Henri III jusqu’en 1575.

Le règne d’Henri III (1574-1589) révolutionne la numismatique française avec la création du Franc d’argent en 1575 et l’adoption de l’Écu d’or comme unité de compte. Malgré les guerres de religion, le roi réforme le système pour contrer l’inflation, impose le portrait réaliste au col fraisé et généralise les monnaies de cuivre, notamment le double tournois, pour les échanges quotidiens.

Henri III accède au trône de France dans une période de troubles intenses, marquée par les guerres de religion et une économie chancelante qui nécessite une refonte complète du système numéraire pour stabiliser le royaume. Ce souverain, souvent mal compris, orchestre une transformation majeure des espèces circulantes en introduisant le Franc d’argent en 1575 et en imposant l’Écu d’or comme unité de compte pour lutter contre la spéculation et l’inflation galopante.

Henri III incarne le dernier souverain de la dynastie des Valois

Né le 19 septembre 1551 à Fontainebleau, Henri III est le quatrième fils du roi Henri II et de Catherine de Médicis. Son destin ne le prédisposait pas initialement au trône de France. D’abord titré duc d’Angoulême, puis duc d’Orléans et duc d’Anjou, il acquiert une expérience internationale en étant élu roi de Pologne le 11 mai 1573 sous le nom d’Henryk Walezy. La mort prématurée de son frère Charles IX le 30 mai 1574 bouleverse cet ordre. Il quitte la Pologne précipitamment pour se faire sacrer à Reims le 13 février 1575 et épouse Louise de Lorraine deux jours plus tard.

Henri, duc d'Anjou Portrait par Jean Decourt (vers 1570) Le jeune prince se fait remarquer par son élégance et l'entretien de son apparence

Son règne s’étend de 1574 à 1589 et se heurte à des divisions internes profondes. Le royaume est morcelé par les ambitions politiques et les conflits religieux. Henri III doit manœuvrer entre le parti des protestants, celui des Malcontents et la puissante Ligue catholique soutenue par des puissances étrangères. Malgré ces difficultés, il tente de restaurer l’autorité royale en s’entourant de juristes compétents comme Pomponne de Bellièvre et en promouvant une noblesse moyenne dévouée, souvent qualifiée de « mignons ».

Le monarque cherche à redonner du lustre à la couronne par une étiquette stricte et la création de l’Ordre du Saint-Esprit en 1578. Cet ordre de chevalerie vise à rassembler l’élite catholique autour de sa personne. Homme intelligent et cultivé, Henri III alterne entre une vie de cour fastueuse, ponctuée de fêtes somptueuses comme le Ballet comique de la reine, et des périodes de piété intense et de mortification. Son assassinat par le moine Jacques Clément à Saint-Cloud le 2 août 1589 met un terme brutal à la dynastie des Valois, laissant place à Henri IV.

La réforme monétaire de 1575 instaure le franc d’argent

L’arrivée d’Henri III au pouvoir coïncide avec une nécessité impérieuse de réformer le système monétaire. Les espèces circulant sous le règne précédent, notamment celles de Charles IX, continuent d’être utilisées jusqu’en 1575. Pour marquer son autorité et assainir les finances, le roi lance une réforme ambitieuse qui dure vingt-quatre ans. La mesure phare de cette politique est la création du Franc d’argent, aussi appelé « franc blanc », destiné à remplacer les testons créés par son père.

Cette nouvelle monnaie massive pèse environ 14 grammes et vise une correspondance parfaite entre la monnaie de compte et la monnaie réelle. L’objectif est de limiter les mouvements spéculatifs qui affaiblissent l’économie du royaume. Le Franc devient rapidement une pièce emblématique, frappée avec soin pour refléter la majesté royale. Les graveurs de l’époque s’appliquent à représenter le roi avec réalisme, rompant avec les stylisations médiévales.

Ce très joli franc d’Henri III au col fraisé frappé à Toulouse ( 35 mm, 12.8 gr). a été trouvé par Eclipse. Avers: HENRICVS. III. D. G. FRANC. ET. POL. REX. (date illisible malheureuse ment) --} Henri III, par la grâce de Dieu, roi des Francs et des Polonais Revers: SIT. NOMEN. DOMINI. BENE DICTVM.C --}Béni soit le nom du Seigneur

Cependant, cette pièce de qualité subit les contrecoups de la crise économique. Sa teneur en argent la rend vulnérable au rognage et à la thésaurisation. De plus, elle souffre de la concurrence des monnaies étrangères introduites par les nombreux mercenaires présents sur le territoire en raison des conflits armés. Face à ces dérives, une déclaration royale de 1586 finit par en interdire la frappe, ne laissant subsister que ses divisions comme le demi-franc et le quart de franc.

L’écu d’or au soleil devient la principale unité de compte du royaume

Face à l’échec relatif du système basé uniquement sur l’argent et pour contrer l’instabilité de la livre tournois, Henri III opère un second virage stratégique majeur en 1577. L’Écu d’or au soleil devient l’étalon monétaire de référence. Cette décision vise à indexer l’économie sur un métal inaltérable et reconnu internationalement. Désormais, les transactions importantes et les comptes officiels se basent sur cette pièce prestigieuse.

L’Écu d’or arbore à l’avers l’écu de France couronné avec la légende HENRICVS III D G FRANC ET POL REX (Henri III, par la grâce de Dieu, roi des Francs et des Polonais). Le revers présente une croix anillée et fleurdelisée accompagnée de la devise CHRISTVS REGNAT VINCIT ET IMPERA (Christ règne, vainc et commande). Cette iconographie religieuse et politique affirme la légitimité divine du roi face aux contestations de la Ligue et des protestants.

vendu un exceptionnel ECU d’OR d’Henri III. Henri III, écu d'or au soleil, type spécial, 1589 Compiègne (A et C) A/HENRICVS III. D. G. - FRAN. ET. POL. R. (date) Écu de France couronné et accosté de deux H couronnées ; (atelier) à l'exergue R/+ CHRISTVS. VINCIT. REG NAT. IMPER. (atelier). Croix florée, anglée de quatre petits lis, H en cœur. De la plus grande rareté, type inédit au FRANCIÆ IV mais révélé dans la vente Rauch du 15 septembre 2008 et revendu par CGF, VSO 37 n° 271 (1 offre, vendu au prix de réserve de 18.000 euros ?). Semble donc le second exemplaire connu d'un type qui n'était connu qu'en double écu d'or (Sb.4922 qui indique que des écus sont compris dans le chiffre de fabri cation de 435 doubles écus, dont partie en doubles et partie en écus simples, fabrica tion du 10 juillet 1589). Nous avions donné la lettre C, visible en fin de revers, à Nicolas Begin, graveur (1591-1595). Il semble que ce n'est pas la bonne explica tion. Nous proposons donc de voir dans cette lettre l'initiale de Compiègne, asso ciée au A de Paris. Cela forme un système cohérent A et C pour Compiègne, de même que l'on trouve A et M sur les mon naies frappées à Melun voire même LA pour Laon. D'un grand intérêt pour l'histoire de la Ligue et de ses ateliers temporaires

Voici les principales caractéristiques des monnaies d’or et d’argent sous Henri III :

Type de monnaieMétalUsage principalPériode de frappe intensive
Écu d’or au soleilOrUnité de compte, grandes transactions1577 – 1589
Franc d’argentArgentTentative d’étalon, commerce courant1575 – 1586
Demi-FrancArgentDivision du franc, usage quotidienTout le règne
Quart d’ÉcuArgentMonnaie très populaire et imitéeTout le règne
TestonArgentHéritage des règnes précédentsDébut du règne

Le système de division de l’écu se complexifie pour s’adapter aux besoins du commerce quotidien. Le franc est réévalué pour valoir un tiers d’écu. Cette hiérarchie monétaire permet de maintenir une certaine fluidité dans les échanges malgré l’inflation. Les quarts d’écus, frappés en grande quantité, deviennent l’une des pièces les plus courantes et circulent largement dans tout le royaume, témoignant de la pénétration de cette réforme.

Les frappes de cuivre remplacent le billon pour les petites transactions

Le peuple, souvent éloigné des transactions en or, a besoin de petite monnaie pour la vie quotidienne. Henri III innove en introduisant massivement des pièces de cuivre pur pour remplacer les anciennes monnaies de billon (alliage pauvre d’argent et de cuivre) qui se dévaluent constamment. Cette mesure vise à stabiliser le prix du pain et des denrées de base. Le double tournois et le denier tournois deviennent les instruments privilégiés du petit commerce.

Parmi les petites coupures, le liard occupe une place particulière. Le « Liard à l’H » est une pièce caractéristique du règne. Il présente à l’avers une grande lettre H couronnée et au revers une croix du Saint-Esprit ou fleurdelisée. Ces pièces sont frappées en très grand nombre et sont si populaires qu’elles font l’objet de nombreuses imitations, notamment en Italie par des ateliers comme ceux de la famille Tizonne, avant de revenir circuler en France.

La production de ces monnaies viles répond à une logique sociale. La hausse des prix frappe durement les classes populaires. En fournissant une monnaie divisionnaire abondante et de valeur stable (car sa valeur intrinsèque est proche de sa valeur faciale), le roi tente d’apaiser les tensions économiques. Les trouvailles archéologiques modernes, montrant souvent des boursées de ces monnaies, attestent de leur circulation intense sur tout le territoire.

L’évolution du portrait royal illustre le raffinement de la cour

La numismatique d’Henri III offre une galerie de portraits qui témoigne de l’évolution physique du roi et de la mode de la cour. Contrairement aux représentations figées de ses prédécesseurs, les graveurs du roi cherchent à capter la personnalité du souverain. On observe principalement deux types de portraits sur les monnaies d’argent comme les francs et les demi-francs : le portrait au col plat et le portrait au col fraisé.

  • Le col plat : Ce type représente le roi avec un col rabattu, simple et élégant. Il est souvent associé au début du règne ou à certains ateliers spécifiques.
  • Le col fraisé : Plus emblématique, ce portrait montre Henri III portant une fraise imposante, accessoire de mode incontournable de la fin du XVIe siècle. Ce détail vestimentaire souligne le goût du roi pour l’élégance et son souci de l’apparence, souvent critiqués par ses détracteurs qui y voient un raffinement excessif.
  • Le buste lauré et cuirassé : Le roi est représenté en chef de guerre et monarque romain, rappelant sa puissance militaire et politique.
Boursée de monnaies pour la plupart d’Henri III trouvée par Neekee. On y voit en haut à gauche un double sol parisis 2eme type et à sa droite douzain aux deux C 1er type de Charles IX. Les monnaies de Charles IX continuèrent à circuler sous le règne d’Henri III jusqu’en 1575.

Le soin apporté à la gravure des coins monétaires montre la volonté d’Henri III d’utiliser la monnaie comme un outil de propagande. Chaque pièce qui passe de main en main rappelle aux sujets la figure du monarque légitime. La devise « Manet ultima caelo » (La dernière [couronne] se trouve au ciel), souvent associée à ses emblèmes, reflète sa piété et sa conviction que son règne terrestre n’est qu’une étape avant le jugement divin.

Les guerres de religion déstabilisent la production des ateliers monétaires

L’instabilité politique du règne a un impact direct sur la production monétaire. La France est déchirée, et le roi ne contrôle pas l’intégralité de son territoire. De nombreux ateliers monétaires tombent sous la coupe de factions rivales. La Ligue catholique, après l’assassinat du duc de Guise et la journée des Barricades, prend le contrôle de villes majeures comme Paris, Nantes ou Toulouse.

Ces villes rebelles continuent de frapper monnaie au nom d’Henri III, mais les bénéfices échappent au trésor royal et servent à financer la révolte contre le souverain. Parallèlement, des seigneurs protestants ou des gouverneurs opportunistes, comme en Languedoc, ouvrent des ateliers illégaux ou semi-légaux (Montpellier, Nîmes, Livron) pour battre leurs propres espèces. Ils imitent les types royaux tout en modifiant parfois les légendes ou les différents monétaires.

Face à cette anarchie, Henri III est contraint de déplacer ses ateliers fidèles vers des zones sécurisées. Il tente de reprendre la main en transférant la frappe de la monnaie parisienne vers des villes loyalistes comme Compiègne ou Tours après sa fuite de la capitale. Cette fragmentation de la production explique la grande variété de styles, de qualités de frappe et de différents d’ateliers que l’on retrouve aujourd’hui sur les monnaies de ce règne. Cette période confuse offre aux numismates un champ d’étude vaste, révélant la complexité administrative d’un royaume en pleine guerre civile.

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