De l’électrum Lydien aux Drachmes Grecques : Comment la monnaie est née ?

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Rarissime obole de Marseille trouvée par myluke13 – poids 0,80 g, diamètre 9 mm – Massalia, comptoir grec et berceau des plus anciennes monnaies de France – monnaie rare du groupe des têtes casquées, identifiée par Jean Labert Chevillon : “Il s'agit bien d'une obole (et non d'une litra !!!) émise par Massalia, dont la spécificité est une légende en quatre lettres : M, A, un T à longues barres appelé ‘sampi’ équivalant à deux S, puis un A, formant MASSA – des variantes ultérieures montrent des dégradations stylistiques avec des mélanges aléatoires de ces lettres…”

La monnaie : petite pièce métallique, souvent dénigrée, qui se retrouve au fond des poches et des sacs. D’où vient-elle ? Comment l’homme a-t-il décidé que le métal deviendrait une référence ? Étudions l’évolution de la numismatique afin de comprendre ce développement !

Commençons par le début : même s’il est difficile de donner une date précise concernant les débuts de l’usage de la monnaie, on peut dire qu’elle apparut au 6ème siècle avant Jésus-Christ. Avant de rentrer dans le vif du sujet, voyons ce que les anciens Grecs pensaient du sujet.

Selon Hérodote, ce serait les Lydiens qui auraient commencé à utiliser la monnaie. Plus de deux mille ans après Hérodote, ce raisonnement ne nous semble pas si bizarre. Souvenez-vous, c’est sur leur territoire que se trouve le fameux fleuve Pactole qui regorgeait d’électrum¹. Ce sont eux aussi qui, d’après les écrits, auraient inventé le commerce de détail. Dans ce cadre, la monnaie serait donc née dans la sphère privée et non créé par l’état.

Aristote, quant à lui, a une vision négative de la monnaie car elle ne concerne que les commerçants, or un citoyen dans la Grèce antique ne doit pas commercer. Il en situe l’origine à l’usage du fer².

Et, enfin, nous avons Démosthène qui différencie la monnaie de l’état qui est la Loi de l’instrument privé, portant un sigle privé que l’on nomme monnaie.

Tout cela semble donc fort obscur ! C’est à ce moment qu’il faut se tourner vers une vieille amie : l’archéologie et les résultats de ces fouilles !

Rarissime obole de Marseille trouvée par myluke13 – poids 0,80 g, diamètre 9 mm – Massalia, comptoir grec et berceau des plus anciennes monnaies de France – monnaie rare du groupe des têtes casquées, identifiée par Jean Labert Chevillon : “Il s'agit bien d'une obole (et non d'une litra !!!) émise par Massalia, dont la spécificité est une légende en quatre lettres : M, A, un T à longues barres appelé ‘sampi’ équivalant à deux S, puis un A, formant MASSA – des variantes ultérieures montrent des dégradations stylistiques avec des mélanges aléatoires de ces lettres…”
Rarissime obole de Marseille trouvée par myluke13 – poids 0,80 g, diamètre 9 mm – Massalia, comptoir grec et berceau des plus anciennes monnaies de France – monnaie rare du groupe des têtes casquées, identifiée par Jean Labert Chevillon : “Il s’agit bien d’une obole (et non d’une litra !!!) émise par Massalia, dont la spécificité est une légende en quatre lettres : M, A, un T à longues barres appelé ‘sampi’ équivalant à deux S, puis un A, formant MASSA – des variantes ultérieures montrent des dégradations stylistiques avec des mélanges aléatoires de ces lettres…”

Comment peut-on dater les débuts de la monnaie ?

C’est grâce à la découverte du trésor d’Ephèse, datant du 6ème siècle. Il nous donne beaucoup d’informations sur le développement de la monnaie. Le Trésor compte plus de 93 pièces. On y retrouve majoritairement l’étalon milésien (14 g), mais également l’étalon phocéen (16 g). Que peut-on en déduire ? Si la plus ancienne trace de monnaie retrouvée possède deux poids de référence différents, alors il existe deux points d’origine à la création monétaire.

Le premier foyer : l’Asie mineure !

En Orient, avant le 6ème siècle ACN, on utilisait déjà le métal dans le domaine privé et public. Les métaux étaient souvent utilisés en Orient comme repère : dans le Code Hammourabi, on peut voir que les amendes devaient être payées en poids d’argent. Les archives des palais montrent également l’importance des métaux précieux dans l’économie. Ceux-ci étaient donc pesés avec une grande précision. On retrouvera cette notion primordiale de poids tout au long de l’histoire de la numismatique⁴.

Mais attention, nous ne pouvons parler de monnaie durant cette période car ils n’apposaient pas d’emblème sur les pastilles de métal. De plus, ils n’utilisent pas la notion d’échange particulier qu’impose le concept de monnaie. Ils se basaient sur le don et contre-don. Mais ça, c’est encore une autre histoire…

Vous me direz : « Si les Grecs n’ont pas inventé la monnaie, comment la Grèce en serait-elle un foyer de création ? » Ils sont en fait à l’origine des références pondérales utilisées ainsi que de l’importance accordée au métal d’argent. Au début du 6ème siècle Av. J-C, l’Asie mineure va frapper une monnaie d’Electrum (or et argent mélangés à l’état naturel). Tandis que les Grecs commenceront par le fer. Pourquoi ? Simplement, parce qu’en Asie mineure, se trouvait le fleuve Pactole, ce fleuve légendaire qui regorgeait d’or. En effet, le roi Midas aurait obtenu de Dionysos que tout ce qu’il touchait se transforma en or. Ce dernier se lava les mains dans le fleuve Pactole afin de se délivrer de ce cadeau encombrant car il ne savait plus se nourrir. Il suffisait donc de se baisser pour récolter la matière première.

Note sur l’Obole de Marseille :
Rarissime obole de Marseille trouvée par myluke13. Poids 0.80 gr, Diamètre 9 mm. Massalia était un comptoir grec comme tout le monde le sait et le berceau des plus anciennes monnaies que l’on puisse trouver en France. Monnaie rare appartenant au groupe des têtes casquées et finalement identifiée par Jean Labert Chevillon : “Il s’agit bien d’une obole (et non d’une litra !!!) émise par Massalia et dont la spécificité est de présenter une légende en quatre lettres. A l’origine les lettres sont un M un A une espèce de T avec les barres longues, qui porte en fait le nom de “sampi” et qui équivaut à deux SS, puis d’un A = ce qui donne la légende MASSA mais en 4 lettres. On connait par la suite des dégradations stylistiques de cette légende, qui donnent des légendes “aléatoires” avec des mélanges de ces lettres….”

Le deuxième foyer : la Grèce.

Les Grecs vont reprendre tout le système monétaire mésopotamien. Le système de poids des pièces grecques est donc basé sur la typologie des poids utilisés en Asie Mineure. La notion de poids d’une monnaie est primordiale. Dans cette optique, les faux monnayeurs antiques ne changeaient pas le poids mais juste le métal d’une pièce.

Dans les deux cas, on retrouve l’argent comme métal de référence. Néanmoins, au tout début, les grecs vont préférer utiliser du fer et du bronze car ce sont des métaux utiles, contrairement à l’or et l’argent avec lesquels on ne sait construire ni armes, ni vaisselle. C’est une assimilation de l’importance de la monnaie naissante à la valeur symbolique des offrandes dans les sanctuaires.

Je m’explique. En Grèce, à l’époque archaïque (-800 à -500), il n’y avait pas d’or. Dans les sanctuaires, les offrandes étaient en bronze et en fer. C’était souvent des trépieds, chaudrons… ou Obélois !

Les obélois sont des broches très courantes en fer, qui avaient beaucoup d’importance. Les amendes imposées par l’état devaient être payées en obelois. Le roi Phydon, inventeur de la monnaie, a remplacé les obelois de fer par des oboles en argent. Ce qui donna naissance à la dragme d’argent ! En effet, les obélois étaient consacrées dans les temples par nombre de six, car cela tenait dans la main. Or, le mot Drax en grec ancien signifie une poignée ! Donc, une dragme d’argent valait six obelois de fer ! Et comme par hasard, les Grecs subdivisent la dragme en six, le Hecte, qui est égal au poids d’une obéloi ! Ceci montre que les obelois avaient une valeur fixe pour les grecs.

Grâce à cette petite mise en bouche, vous pouvez vous apercevoir qu’en numismatique, tout est lié et qu’en percer les mystères se révèle ardu. Passons maintenant aux notions de base dont vous aurez besoin pour comprendre et analyser votre pièce de monnaie.

Notions importantes à connaître en numismatique

Comment analyser une monnaie ?

Pour analyser la monnaie en tant qu’objet archéologique, il faut la décrire selon des étapes strictes. Créez une fiche pour chacune de vos pièces de monnaie. Sur cette fiche, vous reprendrez :

  • le métal utilisé : quelle est sa nature, sa préparation, sa composition, sa forme ?
  • son poids : il vous faut peser la monnaie. Ceci permet d’établir son degré d’usure. On estime que plus la pièce est lourde, plus le degré d’usure sera important et visible. Afin de pouvoir le déterminer, il suffit de vous tourner vers des ouvrages spécialisés qui ont des tables avec le poids supposé de chaque type de pièce, ou de demander conseil auprès d’un numismate.
  • Noter le Séma⁵. C’est ce Séma qui fait de la pastille de métal une monnaie.

Une fois ces premières observations faites, il est important de porter notre attention sur les marques présentes sur la monnaie. Donc, de la décrire précisément.

On retrouve deux côtés sur une monnaie. Le droit (appelé avers) et le revers. Le droit est l’élément non mobile des coins⁶, le revers étant l’élément mobile. L’image impériale est toujours gravée sur le droit car c’est l’élément le plus durable, puisque moins soumis au frottement. C’est donc celui qu’il faudra regraver le moins souvent. En effet, l’impression se fait en creux. La pièce est donc concave, cela permet d’identifier le droit du revers. Si elle est bien droite, c’est sur le coin droit que l’on met l’image la plus importante. Donc, lors de votre description, indiquez bien si ce que vous décrivez se trouve sur le droit ou le revers.

Il faut savoir qu’avec deux coins, on peut frapper des milliers de pièces identiques. C’est donc le nombre de coins différents qui détermine l’émission⁷ d’une monnaie. Le revers va s’user plus vite que le droit. En effet, le revers étant mobile, il subit plus de frottements que le droit et donc s’use plus vite. Il y aura donc une différence de fréquence des coins dans une même production. La discipline qui s’occupe de reconstituer la production monétaire s’appelle la Charactéroscopie.

Les coins servent à graver des empreintes qui peuvent être multiples. Le numéro 1 se nomme le champ qui est délimité par la ligne de sol (numéro 3). Pour délimiter les champs on trouve aussi un Greneti (un cercle formé de points).

Le numéro 2 est le type, c’est la marque principale qui est toujours orientée de droite à gauche. L’exergue est ce qui se situe en dessous de la ligne de sol. Autour du type, il y a des choses secondaires qui sont soit écrites soit dessinées : cela s’appelle un symbole.

Les symboles sont très nombreux en Grèce, cela a notamment permis de contrôler la production monétaire. C’est aussi une iconologie riche pour connaître et comprendre la vie quotidienne. Il peut arriver qu’une partie de l’empreinte ne soit pas sur le flan⁸, on dit alors qu’elle est hors champs.

Le monogramme : En Grèce, on retrouve énormément de monogrammes. A Rome, on préfère indiquer le début du nom, comme ceux des triumviri. Parfois, le monogramme se rapporte au monétaire (responsable technique de l’émission, le graveur…). Ex : à Syracuse, où la monnaie est une vraie œuvre d’art, les graveurs signent les pièces de façon discrète.

Il se peut également que l’on intervienne sur la monnaie après la frappe, durant la mise en circulation. Ces contremarques sont souvent discrètes et en creux tandis que les pièces sont réalisées en relief. Cela marque l’intervention du pouvoir politique en place.

Denier fourré

Soyez également attentif aux surfrappes. On y retrouve un flan écrasé, avec souvent, en dessous de la gravure la plus visible, des vestiges d’une ancienne gravure. La monnaie sera donc plus fine et plate qu’à la normale. Cela vous permettra de retracer plus facilement son parcours. La surfrappe est vraiment classique dans la numismatique. Pour ce faire, il faut chauffer la monnaie préalablement afin d’avoir un travail bien fait. Or, assez souvent, elle n’est pas chauffée ! Dans ce cas, le métal réagit comme de la plasticine à froid et il se fend facilement.

Un autre moyen de repérer la surfrappe consiste à observer si le flan est fait de un ou plusieurs métaux. L’argent vaut beaucoup car il a une masse volumique importante. Mais, il arrivait souvent que l’on fourre la monnaie : on lui insérait au centre du bronze qu’on entourait d’argent. Or, l’argent ne s’oxyde pas du tout de la même manière que le bronze. Donc, si votre monnaie montre des dégradations ou des niveaux de conservation différents entre son centre et ses bords, c’est qu’il s’agit probablement d’une monnaie fourrée.

Note sur le Denier fourré et la Charactéroscopie :
Denier fourré trouvé par lataupe77. Ci-dessus l’avers (droit), ci-dessous le revers.
L’étude des monnayages celtiques fut longtemps cantonnée à des considérations esthétiques, les numismates les considérant avant tout dans le cadre de la pratique de la collection. En particulier l’étude des pratiques monétaires gauloises étaient quasiment inexistantes en raison des préjugés historiques portant sur les peuples gaulois, essentiellement vus comme barbares à travers les sources écrites gréco-latines. La relative rareté des pièces découragea aussi pendant longtemps leur mise en série. L’idée s’imposa durant le XIXe siècle que les monnaies gauloises constituaient une singularité numismatique : on pensait que les Gaulois avaient été incapables de frapper des séries monétaires importantes avec les mêmes coins, la collection des monnaies celtes ne pouvait donc être qu’un regroupement d’individus et toute étude collective semblait impossible et découragée par avance. C’est en 1948 que Jean-Baptiste Colbert de Beaulieu, numismate formé par le professeur Paul Naster, fut mis en relation avec un trésor comptant 300 monnaies des Redones découvert en 1941. Sa connaissance de la numismatique gauloise étant encore en germe, il appliqua les principes généraux de l’analyse numismatique, rangeant les monnaies par coin de provenance. L’analyse montra qu’il était possible de retrouver des séries de coins comme dans les autres domaines de la numismatique ancienne (grecque et romaine). Dès lors un domaine scientifique nouveau s’ouvrait que Colbert de Beaulieu s’attacha à définir, approfondir et étendre apportant une contribution fondamentale aux études sur les monnaies gauloises. Reprenant un terme de Paul Naster, il baptisa sa méthode charactéroscopie, car il partait de l’étude de l’empreinte pour établir des séries subdivisées en classe. Associé à des examens métrologiques et déjà chimiques, il pouvait proposer des chronologies relatives des séries de pièces.
Source Wikipedia / Mélanges offerts au Docteur J.-B. Colbert de Beaulieu Charactéroscopie

Comment fabriquait-on les coins ?

La plupart des coins sont gravés avec les mêmes outils que ceux utilisés par les orfèvres ou les graveurs de gemmes. Ces derniers doivent souvent se confondre – du moins avant l’Empire romain – avec les graveurs de coins monétaires, et cela même si les matériaux utilisés ne sont pas les mêmes (pierre semi-précieuse pour les gemmes et métal pour les coins).

Ces graveurs taillaient souvent les coins de manière directe. Cependant, des poinçons peuvent être utilisés pour l’impression d’éléments complexes, comme les lettres, symboles, ou effigies. L’emploi de poinçons pour façonner les volumes les plus importants est très probable dans certains cas, mais reste souvent à démontrer pour la période antérieure au Bas-Empire Romain.

Pour comprendre une série monétaire importante, il est intéressant de tenter d’en repérer le prototype, ou premier modèle gravé par l’artiste et reproduit ensuite en plus ou moins grandes quantités selon les besoins par des graveurs subalternes, ou même imité en d’autres endroits. C’est ce qui se passera avec les types syracusains qui étaient d’une grande finesse. Tout cela pour montrer que, contrairement à aujourd’hui, un atelier monétaire n’est pas lié à une ville ou un pouvoir. Un même atelier pouvait frapper des monnaies pour plusieurs villes, même rivales !

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