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Identifier les monnaies gauloises des Trévires

In Monnaies
Variante POTTINA du statère à l’oei


Comprendre le monnayage des Trévires nécessite une analyse de la position géographique stratégique de ce peuple celte et de ses interactions politiques complexes avec Rome. Les collectionneurs et historiens identifient ces émissions monétaires par leur variété métallique, allant de l’or au potin, et par l’évolution de leur iconographie qui témoigne d’une perte progressive d’indépendance. L’identification précise des types, comme le statère à l’œil ou les bronzes imitant les frappes romaines, permet de retracer l’histoire économique de la Gaule Belgique orientale, depuis les premières influences rhénanes jusqu’à l’intégration totale dans l’Empire romain.

Les Trévires dominent la Gaule Belgique orientale

Le peuple celte des Trévires, connu sous le nom latin de Treveri, occupait une place prépondérante au sein du groupe belge dans l’est de la Gaule. Leur territoire s’étendait sur une vaste zone géographique couvrant l’actuel Luxembourg, une partie de l’Allemagne et les régions limitrophes françaises. Ils contrôlaient l’espace stratégique situé entre le massif des Ardennes et le fleuve Rhin. Cette position leur conférait un rôle politique et commercial majeur face à leurs voisins, les Rèmes à l’ouest et les Médiomatriques au sud.

Voici le territoire des Trévires, marqué par une croix rouge

L’histoire de ce peuple se caractérise par une migration progressive. Les recherches de Stéphane Fichtl démontrent une translation lente de leurs capitales vers l’ouest, s’éloignant des rives du Rhin dont ils revendiquaient l’origine. Avant la conquête romaine, leur centre de pouvoir se situait à l’oppidum du Titelberg, érigé sur un mont dominant la vallée de la Chiers. Ce site archéologique majeur, dont les fortifications remontent au Ve siècle avant notre ère, a livré de nombreux témoignages de leur puissance passée. D’autres oppida comme Wallendorf ou le Martberg servaient également de sanctuaires et de places fortes.

La puissance militaire trévire reposait essentiellement sur leur excellente cavalerie. Jules César mentionne fréquemment cette force armée dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Initialement alliés aux Romains en tant qu’auxiliaires, ils deviennent une menace sous l’impulsion d’Indutiomaros, chef du parti anti-romain. Ce dernier parvient à éliminer son rival Cingétorix en 54 avant J.-C., déclenchant une résistance farouche. La défaite finale et la répression qui suivit la révolte de Civilis en 70 marquèrent la fin de leur hégémonie, transformant leur capitale en Augusta Treverorum, l’actuelle Trèves.

Le statère à l’œil constitue la monnaie d’or principale

La frappe de monnaies en or chez les Trévires se concentre principalement sur le type connu sous le nom de statère à l’œil. Cette appellation provient de l’iconographie très stylisée de l’avers, où le profil humain se résume à un grand œil triangulaire ou angulaire. Bien que parfois attribuée aux Rèmes ou aux Suessions, cette monnaie trouve son ancrage territorial chez les Trévires. La rareté de ces pièces en fait des objets d’étude convoités, l’expert Scheers n’ayant répertorié qu’environ 120 exemplaires lors de ses travaux.

L’iconographie de ce statère présente des caractéristiques constantes malgré l’existence de variantes. À l’avers, un grand œil regarde vers la droite, souvent accompagné d’astres ou de cercles pointés. Le revers met en scène un cheval galopant ou bondissant vers la gauche. Des éléments symboliques comme un annelet centré, une roue ou un carré bouleté orné d’une croix apparaissent fréquemment sous ou au-dessus de l’animal. Ces motifs celtiques complexes rendent chaque exemplaire unique.

Variante POTTINA du statère à l’oei

Il existe des variantes épigraphiques notables qui permettent de classer ces émissions :

  • Le type LVCOTIOS : L’avers présente la légende [LVCOTIOS] devant l’œil et des étoiles. Le revers affiche un cheval au galop avec la légende LVC[OTIO] au-dessus.
  • Le type POTTINA : L’avers montre un œil triangulaire surmonté d’une rangée de globules. Le revers comporte un cheval bondissant avec un V pointé au-dessus du dos et la légende POTTINA en dessous.
  • Les variantes anépigraphes : Elles se distinguent par la position de l’iris ou la présence d’astres spécifiques sans inscription textuelle.

Contrairement à d’autres monnayages gaulois, il ne semble pas exister de divisionnaire pour cette monnaie d’or. Les trouvailles se concentrent parfois loin du territoire d’origine, notamment en Champagne et en Picardie, témoignant de la circulation des richesses et des échanges diplomatiques ou commerciaux entre les peuples de la Gaule Belgique.

Les deniers en argent restent rares et recherchés

La production de monnaies d’argent par les Trévires demeure limitée en volume, rendant chaque découverte significative pour la numismatique celtique. Ces pièces, appelées quinaires ou deniers Trévires, présentent une iconographie soignée et originale. Le “Nauheimer Typ”, daté entre 100 et 50 avant J.-C., constitue l’une de ces émissions. Il se rencontre principalement sur la rive droite du Rhin. Son avers montre une tête aux cheveux enroulés avec un collier perlé, tandis que le revers figure un personnage debout tenant un torque, entouré d’annelets symboliques.

Un autre type remarquable est le denier au personnage dansant. Frappé entre 80 et 50 avant J.-C., il illustre la vitalité artistique des graveurs trévires. L’avers représente un personnage en mouvement vers la droite, la tête retournée, brandissant un torque et un glaive. Le revers répond à cette dynamique par un cheval retournant lui aussi la tête en arrière. Bien que son attribution soit parfois discutée (type Marberger en Allemagne), la probabilité d’une origine trévire reste forte, les trouvailles se concentrant en Hesse et dans la région rhénane.

Voici deux deniers au personnage dansant

Le denier au personnage assis offre une variante statique intéressante. Sur l’avers, un individu est assis vers la gauche, la tête tournée en arrière, un bras levé et l’autre baissé. Le revers propose un cheval globuleux à la crinière perlée. Les numismates notent l’existence d’une variante dite “à l’annelet”, où un petit anneau, parfois pointé, s’insère entre les pattes du cheval, ajoutant un détail distinctif à cette série.

Le dernier type majeur en argent est le denier au cheval. Daté du IIe au Ier siècle avant J.-C., il présente une tête à gauche avec une chevelure traitée en forme de S et un menton pointu caractéristique. Le revers affiche un cheval globuleux passant à gauche, surmonté de trois globules disposés en triangle au-dessus de la croupe. Cette cohérence stylistique avec les autres productions celtiques confirme l’appartenance de ces pièces à un ensemble culturel homogène.

Ces émissions d’argent cessent probablement avec la romanisation progressive du territoire. La rareté de ces pièces s’explique par la refonte probable des métaux précieux après la conquête ou par une production initialement restreinte aux besoins de l’élite guerrière et commerciale trévire.

Les bronzes imitent les deniers romains

Le monnayage de bronze des Trévires marque une rupture stylistique et politique, illustrant l’influence grandissante de Rome sur la région. Ces pièces ne sont plus de pures créations celtiques, mais des imitations directes de deniers romains républicains ou impériaux. Cette transition indique une volonté d’intégration économique ou une nécessité de s’adapter aux standards monétaires du conquérant pour faciliter le commerce.

Le type le plus célèbre est le bronze HIRTIVS. Il copie fidèlement le denier à l’éléphant frappé par Jules César vers 49-48 avant J.-C. L’avers représente un éléphant marchant à droite, écrasant un serpent ou une trompette, accompagné de la légende [A HIRTIV]. Le revers abandonne les motifs celtiques pour afficher des symboles religieux romains : un simpulum, un aspersoir, une hache de sacrifice et un bonnet de flamine. Cette monnaie témoigne de l’allégeance ou de la soumission aux autorités romaines locales, Aulus Hirtius étant un lieutenant de César en Gaule.

Magnifique bronze GERMANUS.

Une autre émission majeure est le bronze GERMANVS INDVTILLI. Cette pièce imite un quadrant d’Auguste frappé à partir de 15 avant J.-C. L’avers présente une tête masculine diadémée, tandis que le revers met en scène un taureau cornupète (cornes vers les pieds). L’inscription “GERMANVS INDVTILLI L” révèle une histoire sociale fascinante. Elle signifie “Germanus, affranchi d’Indutillus”. Germanus était probablement un esclave ayant acquis sa liberté, accédant à une position lui permettant d’émettre de la monnaie, une fonction souvent réservée à l’élite ou aux gestionnaires financiers sous l’administration d’Auguste.

Voici un tableau comparatif des caractéristiques techniques de ces deux bronzes principaux :

CaractéristiqueBronze HIRTIVSBronze GERMANVS INDVTILLI
InspirationDenier de Jules César (49-48 av. J.-C.)Quadrant d’Auguste (après -15 av. J.-C.)
AversÉléphant passant à droiteTête masculine diadémée à droite
ReversInsignes pontificaux (hache, bonnet…)Taureau cornupète à gauche
Légende[A HIRTIV]GERMANVS // INDVTILLI L
SignificationRéférence au lieutenant de CésarMention d’un affranchi (Libertus)

Les potins trévires circulent sur un vaste territoire

Les monnaies coulées en alliage à base de cuivre, étain et plomb, nommées potins, constituent une part importante des trouvailles numismatiques en territoire trévire. Cependant, l’attribution précise de ces pièces reste complexe car elles circulaient largement au-delà des frontières tribales. Le type aux “animaux affrontés” en est un parfait exemple. Souvent donné aux Rèmes ou aux Suessions, il est également considéré comme trévire par certains spécialistes. Il présente deux chèvres ou boucs face à face sur l’avers, et deux sangliers dressés sur le revers, un motif animalier récurrent dans l’art celte.

Potin au personnage courant

Le potin au sanglier offre une identification plus précise grâce à certaines variantes épigraphiques. Frappé entre 60 et 40 avant J.-C., il montre une tête chevelue à droite sur l’avers. Le revers expose un sanglier à gauche avec un annelet en guise de queue. La présence de la légende KAO au-dessus de l’animal sur la référence LT 8447 permet à L.-P. Delestrée de classer cette monnaie dans les émissions trévires précoces, centrées sur la basse vallée de la Moselle. Ce type de pièce témoigne de la persistance des symboles guerriers gaulois, le sanglier étant un emblème de force militaire.

Le potin au personnage courant (souvent appelé “au personnage courant et au cheval”) illustre l’ampleur de la dispersion monétaire. Daté assez tôt, vers 140 avant J.-C., il est revendiqué à la fois par les Rèmes et les Trévires. Les fouilles de l’oppidum du Titelberg ont livré 157 exemplaires de ce type, ce qui renforce l’hypothèse d’une production ou d’une utilisation intensive par les Trévires. L’avers figure un personnage courant tenant un torque et une lance, tandis que le revers arbore un cheval accompagné d’annelets. Sa présence s’étend de l’Allemagne à l’Angleterre, prouvant l’intégration des Trévires dans les grands réseaux d’échanges de l’Europe celtique.

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