Les boutons des ” Poilus ” de la Grande Guerre

In Identification Trouvailles

Il est très courant de découvrir, en prospection, une grande quantité de boutons divers, tant civils que militaires, et datant d’époques pour le moins différentes. Il est donc très fréquents de trouver des boutons militaire, avec un détecteur de métaux, et plus particulièrement pendant la période de la Grande Guerre.

Ala veille de 1914, le soldat français est doté d’un uniforme conforme à la tradition militaire française, et ressemblant fort à celui de 1870. En effet, malgré l’apparition de la poudre sans fumée en 1890, les couleurs, qui, à l’origine, permettent aux unités de se reconnaître dans la bataille, sont toujours présentes, et les boutons toujours ” clinquants “… Le bouton, comme l’uniforme, évoluera rapidement, en quelques mois de guerre, et dans toutes les subdivisions d’armes et services. Cette petite étude pourra être complétée en fonction des informations que les lecteurs pourront donner au fil des numéros.

Les boutons de l’infanterie :

En 1914, l’armée française compte 173 régiments d’infanterie. Le bouton d’Infanterie est d’un modèle unique pour tous les régiments (les numéros disparaissent), et a été adopté après la guerre de 1870-71. Il existe un seul modèle de troupe mais en deux dimensions : 17 et 22 millimètres de diamètre. Il est de cuivre estampé d’une grenade sur fond lisse, et légèrement bombé. Le modèle d’officier est un peu différent, toujours timbré d’une grenade, sur fond sablé ou lisse, entourée d’un filet en relief. Il existe un grand nombre de variantes, dans les dimensions, mais également dans l’épaisseur, plus ou moins bombée.

descriptif des boutons de poilus

Dès la fin de la bataille de la Marne (septembre 1914), l’état-major du ministère de la guerre doit faire face à un grave problème : l’armée française n’a plus de réserve d’équipement pour habiller et équiper les réservistes et certaines unités en cours de mises sur pied. Les divisions qui ont du opérer une retraite pour se positionner sur une nouvelle ligne de front ont usé, voire perdu, une grande partie de leur équipement et habillement. De plus, l’état-major français, autant que les politiques, a planifié une guerre courte, et aucune autre stratégie d’engagement de l’armée de terre n’a été élaborée.

Donc, entre septembre et novembre 1914, il faut d’urgence confectionner des effets d’habillement de transition pour les troupes. Jusqu’en mars 1915, on fait appel au système D, bien français, pour pallier aux manques. Bref, d’une tunique bleue et d’un pantalon garance, les unités du front vont être progressivement dotées de la tenue ” bleu horizon “, veste et pantalon. Et les boutons ! Au commencement de la guerre, le bouton de cuivre est bruni (aspect plus foncé et moins brillant), et dès septembre, les entreprises sont autorisées à poser sur les effets des boutons de corozo (bouton à trous, confectionné à partir d’une matière blanche très dure tirée de la noix du ronier, un palmier d’Afrique occidentale), de bois recouvert de drap, ou de toute autre matière. D’autres modèles vont être aussi utilisés, comme le modèle entièrement lisse.

Certes, mais quoi qu’il en soit, il n’existe actuellement aucune étude complète sur les boutons employés au début de la ” Grande Guerre “. On peut cependant observer des modèles sans insigne, de nuance bleu clair ou grise, des modèles en zinc peint, à coquille métallique, voire en carton comprimé ! En avril 1915, on relance la fabrication du bouton ancien modèle (modèle d’avant-guerre), en aluminium, peint ou non. La fabrication s’arrêtera fin 1915, pour être remplacé par un modèle identique mais en fer blanc ou en zinc. Pour les officiers, le modèle d’avant-guerre ne changera pas, hormis sa couleur qui, dans un souci de non-visibilité par l’ennemi, sera désormais de nuance bleu clair ou grise. Certains effets d’officiers seront munis de boutons du commerce, de modèles recouverts de drap, voire de boutons en matières composites (début de la matière plastique). Dernière précision, jusqu’en 1918, on pourra noter un certain panachage, tant des boutons que des tenues et équipements au sein de certaines unités, qui sera valable pour toutes les subdivisions d’armes ou de services.

descriptif des boutons de poilus

les boutons des chasseurs:

Concernant les Chasseurs, qu’ils soient ” Chasseurs à pied “, ” Chasseurs alpins “, ou encore cyclistes, le bouton porté est en étain, avec le cor de chasse central. Le modèle d’officier et d’adjudant est identique, mais avec le filet caractéristique des officiers et des sous-officiers supérieurs, inscrit à la circonférence du bouton. Son évolution est identique au modèle de l’Infanterie : le bouton sera d’étain bruni ou bronzé (octobre 1914), puis fabriqué en aluminium, zinc peint, enfin formé d’une coquille en fer blanc (1916).

Les boutons de L’Infanterie Coloniale, puis l’Infanterie de Marine :

L’Infanterie Coloniale (1901), puis l’Infanterie de Marine, porte le bouton de cuivre, timbré de l’ancre de marine encablée. Il est de fabrication similaire au modèle d’Infanterie. Ce bouton de cuivre sera porté tout au long de la Grande Guerre sur les effets de toile, et parfois bien après, en particulier sur les tenues portées en Afrique et dans les colonies (Chasseurs d’Afrique, Régiments de Zouaves…).

Vous pouvez trouver cet excellent livre permettant d’en savoir plus sur les boutons de poilus.

voici des boutons de poilus

Les boutons des hussards

Si les traditions des hussards sont issues de la cavalerie hongroise : les célèbres ” houzards ” du prince Esterhazy, notre armée dispose, dès 1875, de 12 régiments de hussards (à 4 escadrons et un autre dit de dépôt). Un treizième régiment est constitué en 1891 et un quatorzième en 1893. Le bouton porté sur la tunique, mais également sur le dolman encore présent en 1914 (les dolmans seront portés jusqu’à usure et remplacés par la tunique modèle 1900), est composé d’une demi coquille d’étain, sertie sur une base, en général en cuivre, avec anneau de cuivre. Le bouton est rempli de plâtre ou de carton en fonction des fournisseurs. Il est précisé, sur le Journal Militaire Officiel, la description du bouton : bouton de métal blanc, demi sphérique, monté sur culot et à queue, diamètre de 16 m/m, et ne portant aucune empreinte (JMO année 1872, N°4, page 48). En fait, il existe en deux diamètres : 17 m/m et 15 m/m. On trouve ce modèle de bouton sur tous les effets, hormis le manteau qui possède des boutons recouverts de drap bleu. Ce bouton sera porté par les hussards pendant tout le conflit, avec de légères variantes. Les modèles d’officiers ne se distinguent des modèles de troupe que par la brillance due au métal employé (argentés pour certains).

Les boutons Des chasseurs à cheval

Il y a 20 régiments de chasseurs à cheval en 1875 (à 4 escadrons et un de dépôt), et un vingt et unième est constitué en 1888. Le bouton est identique au modèle des hussards, la différence entre le chasseur et le hussard étant dans la couleur des parements et col de la tunique, ainsi que dans les éléments de la coiffure.

Les boutons des cuirassiers

Tirant leur origine de la chevalerie puissamment harnachée au cours du Moyen Age, les cuirassiers, cavaliers de légende, sont présents sur tous les champs de batailles du Premier Empire, où leur emploi tactique judicieux apporte la victoire. La défaite de 1870 les glorifia le 6 août dans des charges héroïques, aux alentours de Reichshoffen, lors de la bataille de Froeschwiller. En 1871, cette cavalerie de réserve est composée de 12 régiments, et un treizième sera formé en 1891 (supprimé en 1913). Gaël m’a raconté qu’un de ses grands oncles paternels, grand aussi par la taille, avait été mobilisé en 1914, avec le 5ème Régiment de Cuirassiers. S’agissant des boutons, voici ce que livre le Journal Militaire Officiel : les boutons de cuirassiers sont les mêmes que ceux de l’infanterie, avec cette différence qu’ils sont en étain pour la troupe et argentés pour les officiers.

Les boutons des dragons

En 1913, il existe 32 régiments de dragons, ce qui en fera la subdivision de cavalerie la plus importante au début du conflit. Les boutons de dragons sont les même que le modèle de l’infanterie, pour la troupe et les officiers. Cependant, lors de l’adoption du dolman, les dragons feront usage du bouton d’étain de la cavalerie légère.

voici des boutons de poilus

Les boutons des chasseurs d’Afrique

Les régiments de chasseurs d’Afrique, au nombre de 6, appartiennent à la cavalerie. L’uniforme ne se distingue de celui des chasseurs à cheval que par la distinctive jonquille du col, et quelques éléments particuliers de la tenue en climat chaud. Concernant le bouton, il est identique au modèle des chasseurs à cheval et des hussards

les boutons des spahis

L’uniforme de troupe des spahis est dit à l’oriental, et ne comporte pas de bouton spécifique pour cette subdivision d’arme. Seuls les cadres français (maréchal des logis, adjudant et officier), portent avec la tunique le bouton des officiers de la cavalerie légère, mais de cuivre (en général doré).

Evolution pendant la Grande Guerre

Au début du conflit, comme pour l’infanterie, les uniformes feront défaut pour les nouvelles recrues, et la cavalerie, qui combattra aussi à pied dès l’apparition des tranchées, fera usage d’effets de fortune. Pour les boutons, on utilisera, comme pour les troupes à pied, un modèle de fabrication simplifiée ou des modèles civils. Le bouton en étain de cavalerie légère sera toujours présent sur les effets bleu horizon des chasseurs ou des hussards, et ce jusque dans les années trente, tandis que des boutons lisses de couleur neutre ou bleu horizon seront portés par toute la cavalerie jusqu’en 1918.

Le Génie et le Train sont deux compléments indispensables pour une armée en campagne. Le génie va énormément évoluer pendant le conflit, et devra faire face à une nouvelle forme de guerre, celle des tranchées. L’évolution, pour ne pas dire adaptation, ira très vite et le génie aura fort à faire avec la guerre des mines, les lance-flammes, le matériel de défense, etc.

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