Savez-vous que les druides gaulois se rassemblaient une fois l’an dans la forêt des Carnutes ? Certes, René Goscinny et Albert Uderzo l’ont affirmé dans une de leurs bandes dessinées, alors remontons le cours du temps…
Un peu d’histoire
Le nom actuel de Chartres dérive de « Carnutibus » : chez les « Carnutes », nom d’un peuple gaulois. Plusieurs étymologies du nom Carnutes sont envisageables. On peut y voir la racine « kern » qui signifie « corne », d’où une relation avec le dieu gaulois Kernunnos. Par extension, on peut ajouter le sens de « trompe », cet instrument de musique étant fabriqué avec des cornes d’animaux. Les Carnutes seraient alors des « hommes à la trompe » (des guerriers). Après tout, leurs voisins immédiats, les « Durocassi », sont des « combattants de l’eau », et les Eburovices, les « hommes de l’if ».
La seconde étymologie voit dans « carn » l’équivalent du mot anglais « cairn », désignant un tertre funéraire préhistorique. Les Carnutes seraient alors des « hommes des tertres ». Or les cérémonies des Celtes se tenaient dans des endroits sacrés, soit dans des clairières, soit sur le sommet de tertres mégalithiques.
Rien ne s’oppose donc à ce que les Carnutes fussent les « hommes des tertres », étant donné que c’est sur leur territoire qu’on avait choisi de rassembler l’élite religieuse de la Gaule à une période déterminée que Jules César ne précise pas, mais qui devait être le 1er novembre, fête de Samain (qui signifie « fin de l’été »), si l’on en croit les documents irlandais qui concernent le festiaire celtique.
Les Carnutes occupaient une vaste province dans le sud-ouest du Bassin parisien, à savoir tout le département actuel de l’Eure-et-Loir jusqu’à la Seine, confinant aux cités de la confédération aulerque (Eburovices au nord et Cenomans à l’ouest), la moitié du département des Yvelines, touchant à l’est les cités des Sénons, des Parisis et des Éduens, et presque tout le Loir-et-Cher et le Loiret jusqu’à la petite cité des Turones à l’ouest et au sud, au-delà de la Sauldre, la puissante cité des Bituriges, avec deux villes principales, Chartres (Autricum) et Orléans (Cenabum).
Les Carnutes sont un des peuples les plus célèbres de la Gaule celtique. Ils n’apparaissent pas pour autant parmi les plus puissants. Bien qu’ils exploitent sans doute les minerais du Perche, ils sont très loin de la capacité industrielle des Éduens et leur artisanat même n’a pas laissé de traces exceptionnelles.
Leur principale richesse est certainement dans l’exploitation agricole de la Beauce, largement défrichée depuis le néolithique et qui produit déjà des excédents de céréales, alimentant un commerce actif et vraisemblablement fructueux, dont témoigne une abondante numismatique. Les Carnutes sont surtout célèbres pour leur lien à la religion gauloise.
Ceux qu’on trouve en Gaule, au temps de César, sont un peuple ancien, ou du moins leur nom l’est-il. L’historien Tite-Live signale des Carnutes parmi les peuples gaulois qui, conduits par le semi-légendaire Bellovèse, émigrent vers l’Italie sous le règne de Tarquin l’Ancien (VIe siècle avant J.-C.).
Pendant les deux premières années de la « Guerre des Gaules », les Carnutes ne font pas parler d’eux. En 57-56 avant J.-C., c’est en pays carnute que César envoie ses légions prendre leurs quartiers d’hiver, ce qui indique que le pays passe pour sûr.
Peut-être les Carnutes (ou du moins leur aristocratie) qui commercent avec les Romains pensent-ils alors tirer profit de la situation. Les Carnutes, au dire de César, auraient fourni un contingent de 12 000 hommes, chiffre certainement très excessif, comme il est de règle lorsque le proconsul estime les effectifs gaulois.
Catalogue du monnayage carnute
Les monnaies en or
Statère d’or à la tête de face (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête laurée imitée de Philippe II, à droite.
- Revers : Bige à droite sur une ligne d’exergue, conduit par un aurige ; la roue du char sous la queue des chevaux et une tête coupée de face entre leurs jambes.
Les provenances connues sont dispersées de part et d’autre de la Loire. Ce statère semble pourtant assez rare, tant dans les collections de musées, dont la Bibliothèque Nationale de France, que dans sa fréquence de passage en vente. Les statères de ce type sont plutôt réputés provenir du territoire des Carnutes.
Hémi-statère d’or à l’aigle, tête à droite marquée d’une croix (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête laurée, à droite ; une croix sur la joue.
- Revers : Aigle à droite, une croix inscrite dans une rouelle perlée dans les serres ; un croissant au-dessus de l’aile.
Cette série de monnaies d’or à l’aigle se compose d’hémi-statères, de quarts de statères et de huitièmes de statères.
Quart de statère d’or pâle (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête stylisée à droite, la chevelure laurée et les mèches parallèles.
- Revers : Cheval androcéphale à droite, la crinière se terminant en esse ; un aurige au-dessus de la croupe.
Dans le Nouvel Atlas des Monnaies Gauloises, cette série de quarts légers est classée en « dérivés tardifs des émissions d’or des Cenomani », en précisant qu’« il semble que ces émissions locales, post-césariennes, soient intervenues aux confins cénomans et carnutes ».
Quart de statère d’or pâle, dit « à la branche fleurie » (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête stylisée à gauche, la chevelure en mèches bouclées.
- Revers : Cheval harnaché à gauche, un aurige au-dessus de la croupe. Une croix bouletée entre les jambes.
Ces quarts de statère ne sont représentés que par les deux exemplaires de la Bibliothèque Nationale et manquent à tous les autres musées consultés. L’attribution aux Carnutes semble valide, mais de par son absence dans tous les ouvrages consultés, ce type de quart de statère se révèle être plus rare que prévu, alors même qu’il doit y en avoir un certain nombre dans des collections régionales.
Huitième de statère d’or à l’aigle (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête à droite, la chevelure en quatre grosses mèches.
- Revers : Aigle à droite, une croix inscrite dans une rouelle perlée dans les serres ; un croissant au-dessus de l’aile.
Les monnaies en argent et billon
Quart de billon au griffon (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête laurée, stylisée à droite.
- Revers : Un griffon à gauche, la tête ornée d’un bec, l’aile enroulée vers la tête ; grènetis.
Cette monnaie semble être un quart de statère de billon. Ce type est extrêmement rare, et semble manquer au Nouvel Atlas des Monnaies Gauloises. Les rares exemplaires connus avec provenance semblent permettre de proposer une attribution aux Carnutes.
Drachme aux deux chevaux (IIe et Ier siècles avant J.-C.)

- Avers : Tête imberbe à droite, les cheveux divisés en grosses mèches, torque au cou.
- Revers : Deux chevaux superposés courant à gauche ; (dessus, triskèle) ; dessous, croix.
Ce type de drachmes est traditionnellement donné aux Carnutes, mais cette attribution doit être relativisée en « Centre Gaule ». Si ce monnayage a bien été émis par les Carnutes, il peut avoir eu une circulation bien plus large. Sa présence dans le dépôt monétaire de Buxeuil avec des monnaies des Pictons et des Bituriges ou Lémovices confirme ces suppositions sans les préciser.
Denier ANDECOM/ANDECOMBOS (antérieur à 45 avant J.-C.)

- Avers : Tête barbue diadémée, à gauche, légende ANDECOM devant le visage.
- Revers : Cheval galopant à gauche ; (dessous, sanglier enseigne sur sa hampe) avec la légende : ANDECOMBOS.
L’attribution fut successivement donnée aux Andecaves, puis au chef rème Andecomborius (César, BC. II, 3) placé à la tête des Carnutes. L’attribution actuelle aux Carnutes est jugée par B. Fischer comme « douteuse ». La légende de revers est variée ANDECOM, avec B, BO ou BOS à la fin. Absent des fossés de Grésigny-Sainte-Reine, cette monnaie est datée par le dépôt de Vernon, enfoui vers 45 avant J.-C. A. Blanchet remarquait déjà que « la pièce a été fort répandue ».
Les bronzes
Bronze lourd à l’aigle et au croissant (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête casquée à gauche, grènetis.
- Revers : Aigle debout de face, les ailes déployées, la tête tournée à gauche ; au-dessus de l’aile gauche, un croissant de lune.
Le type du droit est copié sur un denier de la République de Marcus Plaetorius M. f. Cestianus daté de 67 avant J.-C. L’attribution aux Carnutes est probable bien que la carte de répartition soit très dispersée. S. Scheers fait remarquer qu’une forte romanisation caractérise cette monnaie contemporaine ou postérieure à la Guerre des Gaules.
Bronze à l’aigle (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête casquée à gauche.
- Revers : Aigle debout de face, les ailes déployées, la tête tournée à gauche ; croisette bouletée à droite en bas ; près du bec, quatre points en carré.
Le type du droit est également copié sur un denier de la République de Marcus Plaetorius M. f. Cestianus. L’attribution aux Carnutes est probable bien que la carte de répartition soit très dispersée. S. Scheers précise quelques provenances retenues ; dans le Cher, l’Eure, le Loiret et l’Oise.
Bronze à l’aigle et à la croisette (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête chevelue à droite.
- Revers : Aigle de profil à droite, avec derrière la tête un pentagramme ; devant lui, croix pointée cantonnée de quatre globules.
S. Scheers fait remarquer que ce bronze est rare, mais qu’il se rencontre à Orléans dans le Loiret.
Bronze à l’aigle et à la rouelle, tête à gauche (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête stylisée à gauche avec l’œil triangulaire et les mèches de cheveux parallèles, grènetis.
- Revers : Aigle debout à droite, les ailes déployées, la tête tournée à droite ; rouelle posée entre le grènetis et le dessus de l’aile droite ; (un serpent ?) près du bec.
Blanchet affirmait l’origine carnute de ce bronze, mais ce type n’a pas été différencié des bronzes à l’aigle et à l’aiglon. Les provenances connues sont variées, mais l’attribution aux Carnutes semble la plus probable.
Bronze à l’aigle et à la rouelle, tête à droite (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête stylisée à droite avec l’œil triangulaire et les mèches de cheveux en deux rangées parallèles, grènetis.
- Revers : Aigle debout à droite, les ailes déployées, la tête tournée à droite ; rouelle à six rayons posée entre le grènetis et le dessus de l’aile droite ; devant, ligne chevronnée.
Bronze « aux oiseaux et au serpent » (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête à droite, la chevelure schématisée en quatre mèches ondulées qui encadrent le visage et aux extrémités triangulaires globulées, grènetis.
- Revers : Aigle attaquant un serpent à droite ; sous l’aigle, un alérion. L’aigle est accosté d’un pentagramme et d’une croisette bouletée ornée de globules.
Ce type est copié sur le bronze à l’aigle et au serpent LT 6077. Le buste est inspiré par le denier de Titus Claudius, frappé en 79 avant J.-C. Ce monnayage est bien attesté pour les Carnutes et il est antérieur à la Guerre des Gaules. Muret et Chabouillet font remarquer en 1889 que ces bronzes furent trouvés à Brionne (Eure), au nombre de plusieurs centaines, mélangés avec des PIXTILOS.
Bronze « à l’aigle et au serpent » (antérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Buste drapé à droite, une tresse tirée sur le côté de la tête et nouée en chignon ; fleur à cinq feuilles derrière le buste.
- Revers : Aigle attaquant un serpent à droite ; annelet perlé pointé, annelet pointé dans le champ.
Le droit est une copie assez servile du denier de Titus Claudius frappé à Rome en 79 avant J.-C. Trouvé dans les fossés d’Alésia, ce type est antérieur à la Guerre des Gaules et confirmé aux Carnutes.
Les bronzes pixtilos
Bronze PIXTILOS au griffon attaquant (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête féminine diadémée à gauche, une boucle de cheveux sur la nuque, légende PIXTILO devant le visage, grènetis avec la légende.
- Revers : Griffon à gauche foulant un homme renversé, légende PILX au-dessus, grènetis.
Le prototype de ce bronze semble être pour le droit la tête de Vénus du denier de Jules César avec le même arrangement des cheveux et du diadème.
Bronze PIXTILOS à la louve et au lézard (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête féminine diadémée à gauche, une boucle de cheveux sur la nuque, légende PIXTIL devant le visage, grènetis.
- Revers : Louve à gauche retournant la tête en arrière vers un lézard vu de dessus, ligne d’exergue, grènetis.
Le lézard est assez peu représenté sur le monnayage gaulois. Le prototype de ce bronze semble être pour le droit la tête de Salus du denier de D. Junuis Silanus frappé vers 91 avant J.-C.
Bronze PIXTILOS à l’oiseau et à la main (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête féminine diadémée à droite, les cheveux longs liés dans la nuque en formant une queue de cheval, légende PIXTILOS devant le visage, grènetis.
- Revers : Main à gauche tenant une branche (de vigne, de gui ?) sur laquelle est posé un oiseau semblant se nourrir des baies.
La tête du droit montre une ressemblance frappante avec le buste ailé de la Victoire du denier de C. Valerius Flaccus, frappé vers 82 avant J.-C.
Bronze PIXTILOS à la « déesse assise » (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête masculine à droite, légende PIXTILOS devant le visage et derrière le cou, grènetis.
- Revers : Personnage assis et drapé à gauche, le bras gauche appuyé au dossier, dans la main droite un ornement ressemblant à trois serpents ; devant, volute en forme d’esse ; objet indéterminé sous la ligne d’exergue.
Le revers est emprunté au denier de C. Clodius C. f. Vestalis, frappé en 41 avant J.-C. avec une vestale assise et voilée tenant une coupe dans la main. Cependant, le personnage représenté sur la monnaie gauloise varie de son prototype.
Bronze PIXTILOS au griffon courant (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête féminine diadémée à droite, les cheveux courts, avec une volute partant du diadème vers l’arrière de la tête, légende PIXTILOS devant le visage.
- Revers : Griffon ailé à corps chevalin, à droite ; légende PIXTILOS au-dessus ; ornement de forme frontonale surmontée d’un lis au-dessous.
Bronze PIXTILOS au cavalier (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête masculine à droite, chevelure complexe avec plumier et cimier ; volutes suivant la ligne des cheveux et du cou.
- Revers : Cavalier(e) ailé(e) à droite, semblant être nu(e), tenant un bâton fourchu de la main droite ; les rênes se prolongent après le mors en volute, autre volute au-dessous du cheval, grènetis.
S. Scheers suppose que le droit a été copié sur le buste casqué de Vacuna du denier de M. Plaetorius M. f. Cestianus, frappé en 67 avant J.-C.
Bronze PIXTILOS à l’oiseau dans le temple (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête masculine à droite, un collier perlé dans la chevelure, trois rubans pendent le long de la joue, légende PIXTILOS devant le visage, (tige ?) et feuille de lierre derrière la tête, grènetis.
- Revers : Oiseau de face aux ailes éployées, la tête à gauche, debout sur un serpent, l’ensemble sous le fronton d’un temple et encadré de deux colonnes ; trois globules disposés en triangle de part et d’autre de la tête de l’oiseau.
L’inspiration du temple et de l’aigle est romaine, mais l’association de ces deux éléments est typiquement celtique.
Bronze PIXTILOS au cheval et au sanglier (40 – 30 avant J.-C.)

- Avers : Tête de femme diadémée à droite, légende PIXTILOS devant le visage.
- Revers : Cheval au galop à droite ; au-dessus, volute et tige végétale ; au-dessous sanglier à droite.
Les monnaies à légende PIXTILOS se rencontrent souvent dans l’Eure.
Autres bronzes
Bronze au cheval et au sanglier (60 – 40 avant J.-C.)
- Avers : Tête diadémée à gauche, mèches de cheveux retombant sur la joue, grènetis.
- Revers : Cheval libre galopant à droite ; au-dessus, une croisette bouletée accostée de quatre points ; au-dessous, un petit sanglier à droite.
La carte de répartition des trouvailles est large : Pommiers (Aisne), Dourdan (Essonne), Verneuil-sur-Avre (Eure), Mérouville (Eure-et-Loir), Fondettes (Indre-et-Loire), Artenay (Loiret), Maubeuge (Nord), Beauvais, Vendeuil-Caply (Oise) et Paris. L’attribution aux Carnutes n’est donc pas assurée.
Bronze au loup (60 – 40 avant J.-C.)
- Avers : Tête à droite, la coiffure sophistiquée, grènetis.
- Revers : Loup à gauche, la gueule ouverte, la langue pendante ; deux esses bouletées au-dessus ; un annelet centré entre les pattes, grènetis.
Ce bronze est absent de la grande majorité des musées publiés ; il n’y a que très peu de bibliographie à son sujet. Par analogie, l’attribution aux Carnutes proposée dès la fin du XIXe siècle peut être conservée en attendant d’avoir une carte de répartition précise et complète.
Bronze au loup, tête à droite (60 – 40 avant J.-C.)

- Avers : Tête très stylisée à droite, quatre tresses en arrière (petits traits les rejoignant), ornements en forme de petits torques.
- Revers : Loup à gauche, la gueule ouverte, la langue pendante ; « pseudo » légende au-dessus du loup ; un astre entre les pattes, légende.
L’imitation grossière du bronze au loup LT. 6217 (donné aux Carnutes) est traditionnellement acceptée. Il nous semble pourtant que ce bronze est plutôt imité des monnaies en argent des Viducasses.
Bronze TAIIOC, lion à droite (60 – 40 avant J.-C.)

- Avers : Tête laurée dégénérée à droite, listel.
- Revers : Lion (?) passant à droite avec un oiseau sur le dos, ligne d’exergue, légende TAIIOC au-dessous, grènetis.
La légende TAIIOC est une variante de COIIAT. Le type avec le lion à droite est plus rare que celui avec le lion à gauche. Le prototype de ce lion du revers semble être la drachme de Marseille. L’attribution traditionnelle aux Carnutes reste valide mais incertaine au regard de la carte de répartition des trouvailles, très étalée.
Bronze COIIAT, lion à gauche (60 – 40 avant J.-C.)

- Avers : Tête laurée dégénérée à droite.
- Revers : Lion (?) passant à gauche avec un oiseau sur le dos ; annelet pointé entre les pattes et un autre sous la gueule, ligne d’exergue, légende COIIAT au-dessous.
Bronze TASGIITIOS (60 – 40 avant J.-C.)

- Avers : Tête d’Apollon diadémée à droite ; derrière, une feuille de vigne (?), grènetis.
- Revers : Cheval ailé galopant à droite, légende en cinq groupes de lettre autour, grènetis.
Le bronze TASGIITIOS peut vraisemblablement être attribué aux Carnutes en raison de l’épigraphie et des similitudes iconographiques. Le droit est emprunté aux deniers de la gens Calpurnia et le pégase du revers au denier de Q. Titius frappé vers 90 avant J.-C.
Bronze au pégase (60 – 50 avant J.-C.)

- Avers : Tête stylisée à droite, les mèches tirées en arrière et bouletées, le nez allongé ; petit rang de perles sous le cou, grènetis.
- Revers : Cheval ailé à droite, la crinière perlée ; au-dessous, une croix cantonnée de quatre points.
Les quelques trouvailles recensées se situent chez les Carnutes, les Durocasses et les Bituriges. L’attribution aux Carnutes ne peut être tenue pour certaine.
Bronze CATAL à l’aigle et à l’amphore (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête à droite, les cheveux ornés d’un ruban ; feuille derrière la tête ; légende CATAL devant le visage, grènetis.
- Revers : Aigle de trois quarts, sur une foudre, la tête à gauche ; une amphore surmontée d’un annelet centré à sa gauche ; un sceptre (?) à sa droite ; deux esses de part et d’autre de la tête, grènetis.
Les bronzes épigraphes CATAL sont très rares. Ils furent signalés dans le Loir-et-Cher, l’Eure-et-Loir, le Loiret, l’Oise et la Côte-d’Or.
Bronze CATAL au lion et au sanglier (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête à droite, les cheveux ornés d’un ruban ; feuille au bout d’une tige derrière la tête ; légende devant le visage, grènetis.
- Revers : Lion à droite, sanglier à gauche au-dessous ; « rouelle » à quatre digitations au-dessus ; une esse devant le sanglier, grènetis.
Bronze KATAL au lion ailé (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête à droite, les cheveux ornés d’un ruban ; feuille au bout d’une tige derrière la tête ; monogramme devant le visage, grènetis.
- Revers : Lion ailé à droite, grènetis.
Ce bronze, fortement romanisé, n’est pas sans similitudes avec le monnayage melde de type ROVECA. Le monogramme interprété KATAL est à rattacher aux deux monnaies précédentes à légende CATAL.
Bronze SNIA au loup (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête à gauche, la chevelure en petites mèches, bourrelet périphérique.
- Revers : Loup à gauche, la gueule ouverte, légende au-dessus, bourrelet périphérique.
Bronze à l’aigle à droite (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête chevelue à gauche, listel et grènetis.
- Revers : Aigle de profil à droite, déchirant un serpent (?) dans ses serres, listel et grènetis.
Les potins
Potin à l’aigle à droite (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête chevelue avec un bandeau (?) à gauche, bourrelet périphérique.
- Revers : Aigle de profil à droite, déchirant un sanglier (?) dans ses serres.
Potin à l’aigle de face (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête chevelue à gauche, bourrelet périphérique.
- Revers : Aigle debout de trois quarts face à gauche sur une branche ou un foudre, la tête tournée à droite, bourrelet périphérique.
Potin à l’aigle de face et à la tête casquée (postérieur à 52 avant J.-C.)

- Avers : Tête casquée à gauche, le nez, ou la bouche, marqué, le bord du casque formé d’une ligne oblique et d’une ligne supérieure en dents de scie, la lanière visible sur la joue, les cheveux dépassant sur la nuque ; bourrelet périphérique.
- Revers : Aigle debout de trois quarts face à gauche sur une branche ou un foudre, la tête tournée à droite, bourrelet périphérique.
















