On compte plusieurs dizaines de détecteurs disponibles sur le marché. Les prix affichés varient de 150 à 1 500 euros pour des détecteurs à usage de loisir. Il est parfois difficile de s’y retrouver car l’objectivité des testeurs peut être mise en doute. Certains supports papiers ou internet vont avoir tendance à pousser la marque avec laquelle ils ont le plus d’affinité, au détriment des autres. Quelques marques sont parfois quasiment absentes de certains médias. Afin de vous aider dans vos recherches, il est impératif, pour faire le bon choix, que vous compreniez les différences techniques qui existent dans la conception des détecteurs. C’est ce que nous allons vous expliquer de manière ludique dans ces premières pages.
Les différents types de détecteurs
Hormis les radars de sols qui ont un fonctionnement bien à part, il existe 2 technologies bien distinctes.

Les détecteurs à induction pulsée ou PI (de l’anglais Pulse Induction)
Le principal avantage de cette technologie est d’être quasiment insensible à l’effet de sol, ce qui permet d’obtenir de bonnes performances en terme de puissance de pénétration sur tout type de terrain et même à la plage sur sable mouillé. Les détecteurs pour grande profondeur, c’est-à-dire ceux qui permettent de descendre au-delà d’un mètre de profondeur sur une grosse masse grâce à un cadre, ne fonctionnent que sur ce type de machine. Le gros désavantage est qu’il est quasiment impossible d’obtenir une bonne discrimination sur ces machines. Les détecteurs PI ont de l’avenir, surtout si une marque réussit à mettre en place un rejet réellement fiable des petits objets en fer.
Les détecteurs VLF (de l’anglais Very Low Frequency)
Ils représentent 90 % du marché. Contrairement aux PI, ils permettent de rejeter certains métaux indésirables comme le fer, ce qui les rend très conviviaux à utiliser car on ne creuse plus sur les clous et autres éclats en fer. On trouve des appareils fonctionnant en basse fréquence, moyenne fréquence et haute fréquence.
Une histoire de fréquence
Vous l’aurez compris, tout ceci est bien évidemment une histoire de fréquence.

Les détecteurs basse fréquence (4-8 kHz)
Ils conviennent à un usage généraliste, c’est-à-dire pour une détection de tous les jours. Ils sont très à l’aise notamment sur les gros modules (pièce de diamètre supérieur à 20 mm, objets usuels…). Certains descendent même sans problèmes au-delà des 30 à 40 cm pour des pièces ou objets ayant des diamètres supérieurs à 30 mm. Ils sont très à l’aise en gros labours, forêt ou prairie, c’est-à-dire sur tout type de terrain où le disque n’est pas directement en contact avec le sol à cause d’herbes, de grosses mottes ou d’humus. La puissance accrue de ces machines leur permet de compenser ce manque de contact. Quand le sol est minéralisé, ces détecteurs ont quelques difficultés, il vous faudra baisser leur puissance ou recourir à une compensation manuelle de l’effet de sol pour les modèles qui sont dotés de cette fonctionnalité avancée.
Les appareils haute fréquence (17-19 kHz)
Ils permettent de détecter sur tous les terrains, même extrêmement minéralisés. Ce sont des détecteurs à usage spécifique qui sont très efficaces sur des cibles ignorées par les autres machines, notamment les toutes petites pièces et les alliages (billon, potin, électrum) ainsi que l’or. Ils sont « redoutables » pour la recherche de très petits modules (pièce de moins de 20 mm) dans les 20 premiers centimètres, ce qui vous garantit de ne pas laisser passer « la moindre petite trouvaille » au risque de sortir de terre de nombreux et minuscules objets ou éclats, en bronze ou en cuivre. Ces détecteurs réagissent très bien sur l’or et sur les alliages, mais malheureusement aussi sur l’aluminium dont la signature est proche de celle du métal jaune… Ils sont aussi moins sensibles à l’effet de sol que les détecteurs à fréquence plus basse. Malheureusement, leur puissance au-delà de 20 cm est moindre que les machines basse fréquence.
Les détecteurs travaillant avec des fréquences moyennes de 10 à 14 kHz
Ils offrent d’excellents compromis pour tout type de recherche ou terrain. On considère qu’à partir de 14 kHz, nous avons affaire à des détecteurs « moyenne haute fréquence ». Ces derniers sont très à la mode en ce moment car ils permettent une plus grande polyvalence.
Chaque détecteur a son terrain de prédilection…

Si vous privilégiez par exemple de prospecter pendant 50% de votre temps sur le sable mouillé, sachez que peu de détecteurs sur le marché peuvent s’acquitter d’une telle tâche à cause des interférences causées par le couple « sel-eau ». Il vous faudra opter pour un détecteur proposant un mode sable mouillé. Certains détecteurs VLF sont très à l’aise sur la plage, notamment ceux de la marque MINELAB, TEKNETICS. Vous pouvez aussi faire appel à un PI, la pollution en fer étant moindre sur la plupart des plages que sur les champs ou en forêt ; l’absence de discrimination vous fera seulement creuser sur quelques barres.
À quoi sert un appareil multi-fréquence ?
Certains VLF travaillent en utilisant plusieurs fréquences. L’un des précurseurs dans ce domaine est la marque MINELAB qui propose 2 technologies FBS et BBS qui propagent simultanément dans le sol plusieurs ondes à différentes fréquences. Ceci vous permet de mieux détecter sur sol très minéralisé et notamment sur sable noir mouillé en bord de mer. Le plus connu de ces appareils est le SOVEREIGN, considéré grâce à cette technologie comme le roi de la plage. Chez WHITE’S et FISHER, certains de leurs détecteurs opposent 2 fréquences pour pouvoir aussi être efficaces sur sable mouillé. Attention cependant, car le détecteur ne va pas choisir pour vous la meilleure fréquence en fonction du type de cible détecté. Cette technologie sert seulement à limiter les interférences électromagnétiques, notamment celles liées à la teneur en fer de certains sols. Attention donc de ne pas vous laisser piéger par certains boniments commerciaux.
Pour ce qui est des autres terrains, les détecteurs standards feront l’affaire. Pour une détection en forêt ou en prairie, il faudra privilégier peut-être des détecteurs basse fréquence comme nous l’avons expliqué plus haut, et ce afin de traverser « la couche d’humus » pour atteindre une certaine profondeur.
Pour ce qui est de la détection en champ, optez pour des détecteurs bénéficiant d’une bonne discrimination, car bien souvent les trouvailles se trouvent en surface, or ces terrains regorgent de petits objets ferreux et autres déchets.
Si vous décidez de détecter sur des terrains très durs comme dans le sud de la France (vignes, terrains rocailleux…), optez pour des détecteurs haute fréquence, car dans ces zones, les pièces de très petit diamètre (moins de 10 mm) sont très courantes et la dureté du sol vous empêchera de dépasser une bonne profondeur. À ce titre, essayez de vous renseigner sur le type de découverte (taille, métal) que l’on fait dans votre région.
Minéralisation des terrains et effet de sol
Pour en terminer avec les terrains, sachez que certaines zones sont naturellement minéralisées, c’est-à-dire chargées en débris de fers ou « pierres qui sonnent » (en anglais HOTROCKS), ce qui provoque de faux signaux dans votre machine ou peut vous amener à creuser pour rien. Ainsi, en réponse à ces « effets du sol », votre machine vous propose de compenser ce phénomène. La plupart des détecteurs bas de gamme bénéficient d’un mécanisme de compensation « calibré par défaut », d’autres s’adaptent automatiquement à la minéralisation du sol. La minéralisation étant très différente selon le sol, on peut assister à de grosses variations de performances d’un terrain à l’autre. Pour optimiser ce réglage et donner la possibilité au prospecteur de réagir au mieux, les appareils haut de gamme proposent un réglage de compensation de l’effet de sol manuel. Ainsi, vous tournez ce potentiomètre jusqu’à ce que les faux signaux disparaissent, souvent en actionnant votre détecteur du haut vers le bas comme s’il s’agissait de « pomper ».
Quelles vérités faut-il savoir avant d’acheter un détecteur ?
Il n’existe aucun détecteur capable de vous indiquer avec exactitude la nature d’un métal sous terre. Ainsi faut-il être clair, il n’existe pas de détecteur vous garantissant de ne trouver « que de l’or ou de l’argent ». On demande généralement aux détecteurs de se débarrasser des objets en fer, de petite ou moyenne taille qui se trouvent en quantité dans nos sous-sols, comme symboles d’occupation d’un lieu. Cela s’appelle la discrimination. Si vous souhaitez éliminer douilles de chasse et papiers en aluminium, vous risquez de laisser passer la plupart des trouvailles intéressantes. En détection, il n’y a pas de mystère, pour trouver, il faut creuser et persévérer. Certains détecteurs, selon leur spécificité technique (comme les détecteurs haute fréquence), vous feront creuser plus, donc trouver plus ; d’autres économiseront davantage vos muscles en vous faisant passer un agréable moment au risque de trouver un peu moins.
Ainsi, les 2 principales qualités à analyser lors de l’achat d’un détecteur sont sa capacité à rejeter certains métaux comme le fer : c’est la discrimination, aussi appelée quelquefois à tort « sélectivité », ainsi que sa « puissance ». Ce terme de puissance est matérialisé par le bouton « sensibilité ». Même si cette notion de profondeur ou de faculté à pénétrer le sol n’est pas rédhibitoire, il est important de savoir quels détecteurs « manquent de puissance », au-delà d’une certaine profondeur. Quoi qu’il arrive, sachez que 90% de vos trouvailles se feront dans les 20 premiers centimètres. Sachez aussi que certains détecteurs émettent un signal sonore plus ou moins grave ou aigu selon le métal ou l’objet détecté et selon sa profondeur. Ce sont des détecteurs dits « multiton ».

Comment s’y retrouver ?
Avant de faire l’acquisition d’un détecteur, il faut donc vous poser un certain nombre de questions :
- Où vais-je aller détecter (forêt, champs ou plage) ?
- Quel aspect du détecteur compte le plus pour moi : légèreté, facilité d’utilisation, prix, discrimination, puissance ?
- Quel est le type d’objets métalliques qui se trouve le plus souvent dans ma région : un peu de tout, euros sur la plage, objets militaires en fer ?
Sachez que pour débuter, il vous faudra investir entre 250 et 400 euros. Optez pour des marques reconnues comme TEKNETICS, XP, TESORO, MINELAB, NOKTA, FISHER, GARRETT, CSCOPE… Attention aux jouets qu’on vous propose souvent pour moins de 100 euros en y associant des performances bizarrement élevées !
Il n’existe pas de détecteur « parfait ». Il vous faudra trouver un compromis, compte tenu des terrains dans lesquels vous voulez détecter : à savoir « plus de discrimination » ou « plus de profondeur »… Après, c’est une question de fonctionnalités et de réglages.
















