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Les monnaies de François 1er : Histoire et identification

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Écu d’or au soleil trouvé par laurent77 pour l’atelier de Bayonne ; avers : (Mm) (ancre) « FRANCISCVS : DEI : G : FRANCORVM : REX », écu de France couronné sous un soleil (François, par la grâce de Dieu, roi des Francs) ; revers : (Mm) (ancre) « XPS : VINCIT : XPS : REGNAT : XPS : IMPER », croix fleurdelisée avec quadrilobe en cœur, cantonnée aux 1 et 4 d’un lis, aux 2 et 3 d’une F (Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande).

Le règne de François 1er marque l’arrivée du portrait réaliste sur le Teston et la domination de l’Écu d’or. Cette période clé de la Renaissance initie la mécanisation de la frappe pour soutenir les dépenses royales et militaires.

Le monnayage sous le règne de François 1er marque un tournant décisif dans l’histoire numismatique française en intégrant l’esthétique de la Renaissance et en initiant les prémices de la mécanisation de la frappe. Cette période, qui s’étend de 1515 à 1547, voit l’apparition de portraits royaux réalistes sur le teston et la consolidation de l’écu d’or au soleil comme instrument de prestige, répondant aux besoins économiques d’un royaume en pleine mutation politique, artistique et militaire face à la rivalité avec Charles Quint.

François 1er incarne la Renaissance française et le pouvoir absolu

Fils de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie, François 1er accède au trône le 25 janvier 1515. Sacré à la cathédrale de Reims, ce monarque de la branche des Valois-Angoulême devient rapidement la figure emblématique de la Renaissance française. Son règne se caractérise par un soutien massif aux arts et aux lettres. Le souverain attire en France des artistes italiens de renom tels qu’Andrea del Sarto, Benvenuto Cellini et surtout Léonard de Vinci. Le roi installe ce dernier au Château du Clos Lucé et acquiert des œuvres majeures comme La Joconde. Cette effervescence culturelle influence directement l’esthétique des monnaies frappées durant cette période, où la gravure gagne en finesse et en réalisme.

Le portrait le plus célèbre de François Iᵉʳ ; cette huile sur toile est l’œuvre de Jean Clouet et est exposée au Louvre.

Le roi se positionne également comme un bâtisseur infatigable. Il ordonne la construction ou la rénovation de résidences royales grandioses. Le château de Chambord, avec son architecture influencée par Vinci et Boccador, et le château de Fontainebleau deviennent des symboles de sa puissance. Ces chantiers colossaux, associés au mécénat artistique, nécessitent des ressources financières considérables. La gestion du budget de l’État devient une priorité pour soutenir ces dépenses somptuaires qui participent au rayonnement de la France en Europe.

Sur le plan politique et militaire, le règne est ponctué par une rivalité constante avec l’empereur Charles Quint. Les ambitions territoriales de François 1er, notamment sur le duché de Milan, entraînent le royaume dans les guerres d’Italie. La défaite de Pavie en 1525 et la captivité du roi à Madrid constituent des moments critiques. Pour contrer l’encerclement par les possessions des Habsbourg, le monarque n’hésite pas à nouer des alliances pragmatiques, parfois jugées contre-nature pour un “Roi Très Chrétien”, avec le sultan ottoman Soliman ou les princes protestants allemands. Ces conflits incessants exercent une pression énorme sur le trésor royal et influencent directement la production monétaire et la politique fiscale.

L’administration du royaume se centralise progressivement sous son autorité. Le Concordat de Bologne, signé en 1516, confère au roi un pouvoir inédit sur l’Église de France, lui permettant de nommer les évêques et les abbés. Cette mainmise renforce l’autorité royale vers un modèle de monarchie absolue. Parallèlement, l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 impose le français dans les actes administratifs. Cette volonté d’unification et de contrôle se reflète aussi dans la tentative de rationaliser le système monétaire et fiscal pour financer l’appareil d’État et les campagnes militaires.

Le système monétaire royal s’appuie sur l’or et l’argent

Écu d’or au soleil trouvé par laurent77 pour l’atelier de Bayonne ; avers : (Mm) (ancre) « FRANCISCVS : DEI : G : FRANCORVM : REX », écu de France couronné sous un soleil (François, par la grâce de Dieu, roi des Francs) ; revers : (Mm) (ancre) « XPS : VINCIT : XPS : REGNAT : XPS : IMPER », croix fleurdelisée avec quadrilobe en cœur, cantonnée aux 1 et 4 d’un lis, aux 2 et 3 d’une F (Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande).

La monnaie d’or emblématique de cette période reste l’écu d’or au soleil. Cette pièce symbolise la continuité et la puissance de la monarchie. Sur l’avers, on retrouve l’écu de France couronné et surmonté d’un soleil, entouré de la légende latine FRANCISCUS DEI GRATIA FRANCORVM REX (François, par la grâce de Dieu, roi des Francs). Le revers présente une croix fleurdelisée. Des ateliers monétaires spécifiques, comme celui de Bayonne ou de Bordeaux, frappent ces monnaies qui servent aux grandes transactions et au commerce international. Le poids et le titre de ces pièces sont surveillés de près pour maintenir la crédibilité financière du royaume face aux monnaies étrangères.

L’innovation majeure réside dans le développement du teston d’argent. Cette monnaie rompt avec la tradition médiévale en proposant un portrait réaliste du souverain, inspiré par l’art de la médaille italienne. Le roi y est souvent représenté de profil, coiffé d’une couronne fermée ou à l’antique, parfois cuirassé. Ces pièces servent de vecteur de propagande, diffusant l’image du monarque à travers le royaume. Le demi-teston complète cette série. Les graveurs s’efforcent de reproduire les traits caractéristiques de François 1er, notamment son nez aquilin, lui valant parfois le surnom de “François au Grand Nez”.

Pour les échanges quotidiens de la population, le pouvoir royal émet des monnaies de billon (alliage d’argent et de cuivre) et de cuivre. Le douzain, valant douze deniers, est une pièce courante. Le type “à la croisette”, créé par ordonnance en 1541, circule abondamment jusqu’à la fin du règne. Il présente un écu de France couronné à l’avers et une croix plaine alésée au revers, cantonnée de lys et de couronnes. Le grand blanc et le liard (notamment le liard à l’F ou au dauphin pour le Dauphiné) constituent la base du numéraire pour le peuple. Ces petites dénominations subissent souvent des dévaluations ou des ajustements de titre pour répondre aux besoins immédiats du Trésor.

Voici un tableau récapitulatif des principales dénominations sous François 1er :

Type de MonnaieMétalCaractéristiques principalesUsage
Écu d’or au soleilOrÉcu couronné sous un soleil, croix fleurdelisée.Commerce international, prestige, grandes transactions.
TestonArgentPortrait réaliste du roi (buste), couronne fermée.Propagande royale, paiements importants, solde des troupes.
DouzainBillonÉcu de France, croix cantonnée (croisette).Commerce local, salaires, usage courant.
LiardBillon/CuivreInitiale F ou Dauphin, croix simple.Petite monnaie, aumône, achats quotidiens de nourriture.
Denier TournoisCuivre/BillonDeux lis dans un trilobe, croix.Plus petite unité de compte, rendu de monnaie.

Les légendes inscrites sur les monnaies affirment la foi et la légitimité du roi. Outre la titulature royale, on retrouve fréquemment sur les revers des devises religieuses telles que XPS VINCIT XPS REGNAT XPS IMPER (Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande) ou SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM (Béni soit le nom du Seigneur). Ces inscriptions rappellent le rôle du roi comme lieutenant de Dieu sur terre, une position réaffirmée avec force face à la montée du protestantisme et aux troubles religieux qui marquent la fin du règne, notamment après l’affaire des Placards en 1534.

L’innovation technique mécanise la fabrication des pièces

Teston de François Iᵉʳ du 3ᵉ type trouvé par Sylvidre ; avers : buste du roi à droite, coiffé de la couronne à trois lis visibles posée sur le chaperon, couronnelle initiale avers et revers ; revers : écu de France couronné dans un polylobe pointé.

Sous François 1er, la technique de fabrication des monnaies connaît une révolution technologique majeure. Jusqu’alors, la frappe au marteau prédominait. Cette méthode artisanale consistait à placer un flan métallique entre deux coins et à frapper le coin supérieur avec un marteau. Bien que rapide, ce procédé produisait des pièces irrégulières, parfois décentrées ou mal imprimées. Les flans, souvent coupés aux ciseaux, n’avaient pas une forme parfaitement circulaire, ce qui facilitait le rognage (la pratique illégale de limer les bords des pièces pour récupérer du métal). De plus, la frappe manuelle limitait la possibilité de créer des reliefs complexes et détaillés sur les pièces de grand module comme les testons.

Le roi, toujours à l’affût des nouveautés italiennes, fait venir à Paris l’ingénieur et artiste Matteo dal Nassaro. Ce dernier est chargé d’introduire des machines capables d’améliorer la qualité et la régularité de la production monétaire. C’est le début de la mécanisation de la Monnaie de Paris. Dal Nassaro installe ses machines dans le Moulin de la Gourdayne, situé sur un bateau amarré près du quai de l’Horloge. Cette installation utilise l’énergie hydraulique de la Seine pour actionner les mécanismes, préfigurant les méthodes industrielles qui se généraliseront au siècle suivant.

Trois inventions principales transforment le processus. Le laminoir permet d’obtenir des bandes de métal d’une épaisseur parfaitement uniforme, résolvant le problème des variations de poids. Le coupoir, une sorte de presse à emporte-pièce, découpe des flans parfaitement ronds et réguliers dans ces bandes laminées. Enfin, le balancier (ou presse monétaire) permet de frapper la monnaie avec une pression puissante et constante, garantissant une empreinte nette et centrée. Ces innovations permettent de produire des pièces d’une qualité esthétique supérieure, rendant la contrefaçon et le rognage beaucoup plus difficiles. Cependant, la résistance de la corporation des monnayeurs traditionnels freine la généralisation immédiate de ces techniques, qui cohabitent avec la frappe au marteau pendant encore plusieurs décennies.

Les impératifs fiscaux dictent la politique monétaire

Douzain à la croisette, 1er type, pour François Iᵉʳ (01/01/1515 – 31/03/1547) ; avers : « + FRANCISCVS DEI G FRANCORVM REX » (pétoncle), écu de France couronné dans un polylobe bouleté ; revers : « + SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM », croisette pleine alésée dans un quadrilobe bouleté ; diamètre : 23 à 27 mm ; poids théorique : 2,682 g ; métal : billon ; ce type fut créé par ordonnance du 19 mars 1541 et frappé jusqu’à la fin du règne de François Iᵉʳ.

La politique monétaire de François 1er est indissociable de ses besoins financiers, considérablement accrus par les guerres et le mécénat. Pour alimenter le Trésor, le roi augmente la pression fiscale sur ses sujets. La taille, impôt direct payé principalement par la paysannerie, voit son montant plus que doubler au cours du règne. La gabelle, impôt sur le sel, est triplée. Ces taxes doivent être acquittées en monnaie sonnante et trébuchante, ce qui nécessite une circulation monétaire suffisante dans tout le royaume. Le roi généralise également les douanes et la traite foraine pour capter une part des richesses issues du commerce.

L’administration royale renforce le contrôle sur les ateliers monétaires répartis dans les provinces. Chaque atelier est identifié par une lettre ou un symbole spécifique (point secret, lettre d’atelier comme K pour Bordeaux ou A pour Paris) inscrit sur les pièces. Ce système permet de tracer l’origine de chaque monnaie et de s’assurer que les maîtres d’atelier respectent les ordonnances royales concernant le poids et le titre des métaux. Les différents des maîtres graveurs, comme des ancres, des trèfles ou des lettres spécifiques, apparaissent aussi sur les monnaies, permettant de dater approximativement les frappes et d’identifier les responsables en cas de malversation.

La fin du règne est marquée par une situation économique tendue. Le budget est déséquilibré par les dépenses militaires et les emprunts. La dévaluation insidieuse de certaines monnaies, en réduisant la quantité de métal fin tout en conservant leur valeur faciale, devient un expédient pour renflouer les caisses de l’État. Cette pratique génère de l’inflation et du mécontentement. À sa mort en 1547, François 1er laisse à son fils Henri II un royaume administrativement modernisé et culturellement rayonnant, mais financièrement exsangue et au bord des guerres de religion.

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